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S’il n’est pas foncièrement nouveau, le mobbing semble avoir trouvé terreau fertile dans notre époque chahutée... et chahutante pour plus d’un. Les médias le citent régulièrement, mais on ne le connaît guère, peut-être ne souhaite-t-on pas trop en savoir. Portrait robot d’un mal insidieux.
Pierre[1] ne comprend pas ce qui lui arrive. Ouvrier spécialisé dans une petite entreprise, on ne lui donne plus d’informations et on lui fait exécuter des travaux humiliants ne correspondant pas aux tâches qu’on lui confiait quand il a été engagé. Il se souvient bien sûr de la dispute qu’il a eu il y a quelques mois avec le nouveau chef d’atelier pour une broutille. Une discussion avec le patron avait, croyait-il, permis de s’expliquer et tout semblait rentré dans l’ordre. Peu à peu, la relation avec le chef d’atelier est devenue détestable. Le patron n’entend pas s’en mêler. Les ordres qu’on lui donne, sur un ton mi-condescendant, mi-méprisant, l’ont d’abord énervé. Puis, peu à peu, Pierre a ressenti une perte de motivation accompagnée de fatigue et de difficultés à s’endormir. Sans le savoir, il est devenu une victime du mobbing.
Mais, au fait, qu’est-ce que le mobbing?
Le phénomène n'est pas nouveau, mais il a gagné en acuité en raison de la situation économique. D’une manière générale, on peut dire qu’il s’agit d’un harcèlement psychologique caractérisé par toute attitude abusive d’une ou plusieurs personnes qui vise à agresser ou à mettre en état d’infériorité une ou un collègue de travail, et ce de manière constante ou répétée, pendant plusieurs mois. La législation suisse ne définit pas le mobbing de manière spécifique. Toutefois, on admet qu’il ne doit pas s’agir d’un conflit de travail ordinaire. Un seul incident n'est pas suffisant pour qu'il y ait harcèlement. Ni quelques-uns sur une période trop brève.
Beaucoup de monde peut s’y trouver confronté au sein d’une même entreprise. On pense bien sûr au mobbeur et à la victime, mais aussi aux collègues ou aux supérieurs qui assistent souvent impassibles au harcèlement. Des études ont démontré que le mobbing «passif» était souvent plus destructeur que le mobbing «actif ». Par comportement passif, on peut citer le fait d’isoler la victime sur son lieu de travail, de ne plus lui parler, de ne plus l’associer aux prises de décisions communes. Un mobbing actif se caractérise notamment par le fait d’insulter régulièrement un collègue pour un rien, de lui faire exécuter des travaux humiliants ou, encore, de lui attribuer des tâches très inférieures à ses qualifications, pour le disqualifier, ou au contraire très supérieures, afin de démontrer qu’il n’est pas à la hauteur.
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Les conséquences peuvent être très graves. Elles peuvent être d’ordre psychique (trouble de la pensée, angoisse, dépression, etc.), psychosomatique et physique (fatigue, irritabilité, hyperémotivité, maux de tête, douleurs dorsales, maux d’estomac, etc.) et/ou social (isolement, perte de confiance en soi, troubles dans sa vie privée, etc.).
Comment réagir et à qui s’adresser?
ll est important de ne pas laisser la situation s’envenimer. Il est recommandé de consulter un syndicat ou un avocat qui informera la victime sur ses droits et les moyens de se défendre. Il faut veiller à conserver les preuves utiles, à noter les faits déterminants et leur chronologie et, dans la mesure du possible, à chercher des appuis auprès de collègues. Le syndicat ou l’avocat aidera la victime à faire des démarches auprès de l’employeur, à lui rappeler ses responsabilités et à tenter de trouver une solution négociée. Si cela est nécessaire, il l’accompagnera dans ses démarches devant le tribunal du travail (prud’hommes).
Des renseignements complémentaires peuvent être obtenus auprès des syndicats, des permanences juridiques des avocats, des centres de consultation pour victimes d’infractions (centres LAVI), et des juristes des CSP.
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à Neuchâtel
11, rue des Parcs
tél. 032 722 19 60
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à La Chaux-de-Fonds
23 rue Temple-Allemand
tél. 032 967 99 70
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