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Cinéaste fantastique aux sens propre et figuré du terme, Tim Burton réhabilite, avec le somptueux « Big Fish», le pêché d’imagination. Une vie rêvée en vaut deux.
Adapté du livre culte (aux Etats-Unis) de Daniel Wallace, le dixième long-métrage de Tim Burton commence sans crier gare, autrement dit de façon très benoîte, ce qui peut surprendre venant de l’auteur sombre et flamboyant de «Ed Wood». Mais c’est pour mieux tromper son spectateur, jugez plutôt... William Boyd (Billy Crudup) est appelé au chevet de son père Edward (Albert Finney). Celui-ci se meurt d’un cancer. Longtemps auparavant, William a quitté le domicile familial, pour ne plus jamais revenir, s’était-il juré... La faute à un paternel des plus infantiles (Burton se repaît de ce genre d’inversion psychologique)! La mort venant, en bon fils, William est prêt à faire preuve d’un peu plus de compréhension, avant qu’il ne soit trop tard. En bon mourant, le père se lance alors dans le récit de sa vie, une ultime confession qui va prendre au piège le fiston compatissant. Voulant à tout prix discerner le vrai du faux (une vengeance typiquement filiale dont Kafka a tiré sa plus sidérante nouvelle), William s’embarque alors dans une sacrée aventure… Edward Bloom est en effet débordant d’imagination. Ses histoires «vraies» ont d’ailleurs fait le bonheur de tous ceux qui ont eu la chance de le croiser, exception faite de William. Fidèle au roman, Burton retranscrit avec son génie visuel coutumier les affabulations véridiques de son protagoniste mythomane...
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| «L’idéal de vérité est souvent de l’ordre du ressentiment, un attentat affreusement ordinaire perpétré à répétition contre la plus belle de nos facultés, l’imagination» |
Au final, le fils donnera l’absolution au père, mieux même, il souhaitera conclure lui-même cette vie rêvée qui en dit beaucoup plus long sur les Etats-Unis qu’un demi-siècle de documentaires cathodiques. L’idéal de vérité est souvent de l’ordre du ressentiment, un attentat affreusement ordinaire perpétré à répétition contre la plus belle de nos facultés, l’imagination. En donnant vie avec un aplomb formidable aux élucubrations fantastiques du sieur Bloom, l’auteur de «Batman» ressuscite le poisson gigantesque, le «big fish» enfoui dans nos enfances de pêcheurs oubliées… C’est une chance à ne manquer sous aucun prétexte.
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