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Palme d’or contestable du dernier Festival de Cannes, «Farenheit 9/11»est un tract télévisuel efficace qui a peu à voir avec le Septième Art.
Avec son honnêteté coutumière, Michael Moore a tout de suite lâché le morceau aux journalistes accourus sur la Croisette: «Farenheit 9/11» est un film politique qui doit contribuer au déboulonnage de Georges W. Bush en novembre prochain. Souhaitant convaincre le plus grand nombre possible de ses compatriotes, Moore n’y est pas allé par quatre chemins... Simple, direct, son documentaire pare au plus pressé en faisant passer l’actuel président des Etats-Unis pour un crétin dangereux manipulé par son entourage, ce qui est sans doute le cas. Ironiste redoutable, l’auteur de «Bowling For Columbine» collecte des images d’archives accablantes et inédites. Le tout forme un pamphlet assassin qui décortique avec une maestria parfois simpliste les tenants et les aboutissants (pour la plupart d’ordre économique) des funestes croisades entreprises par l’administration Bush. Dans cet exercice polémique, Moore n’a pas son pareil pour dénicher le document révélateur resté ignoré de toute la planète médiatique! Il en va ainsi de la vidéo amateur, pourtant «historique», détenue par une jardinière d’enfants qui a filmé dans son établissement le président au moment où l’un de ses assistants annonce à ce dernier la tragédie du World Trade Center...
Les images parlent d’elles-mêmes! Au-delà du plaisir inquiet procuré par ce règlement de comptes certes jouissif, le spectateur ressentira peut-être une certaine gêne.
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| «Moore n’a pas son pareil pour dénicher le document révélateur resté ignoré de toute la planète médiatique!» |
Manifestement, Moore sous-estime un peu trop Georges W. Bush et les éminences grises qui, dans l’ombre, tirent les ficelles de ce pantin pathétique... Sa mise en boîte reste assez grossière, à l’image de son adversaire. Par ailleurs, attribuer la Palme d’Or à «Farenheit 9/11» tient du mauvais gag, dans le sens où cette diatribe revigorante est dénuée de toute valeur cinématographique, contrairement à ce qu’a prétendu avec un aplomb remarquable Quentin Tarantino, président du Jury. Rappelons au passage que l’auteur de «Kill Bill» et le trublion Moore partagent le même producteur (Miramax). Cette connivence n’est sans doute que pure coïncidence, mais il est tout de même regrettable que le palmarès lénifiant du 57e Festival de Cannes ait été dicté par les impératifs de l’agenda électoral.
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