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Partir. Changer d’air, par besoin de se gorger de soleil, besoin de repos, besoin de se retrouver soi-même. Partir. En tournant la clef dans la porte, tourner le dos au quotidien et, l’espace d’une parenthèse suspendue entre l’avant et l’après, laisser poser et décanter le passé, les soucis, la fatigue. Partir. Se laisser aller à une sorte d’exil volontaire avec espoir de retour, un départ vers l’inconnu qui brise l’habitude, sans craindre le vide, la vacance, le rien.
Il n’y a rien de plus légitime que cette aspiration profonde au repos, à la découverte d’autres paysages, d’autres gens, d’autres cultures, à cette soif d’ailleurs, de surprises, d’aventures. Partir. Et revenir plus riches qu’avant, plus respectueux et plus humbles face aux merveilles rencontrées. Revenir changés, chargés d’images et de visages, d’odeurs, de couleurs. Revenir avec des batteries rechargées, en ayant pris le temps de vivre amicalement avec soi-même, heureux de cette halte vacancière et imbibés de forces nouvelles pour affronter le quotidien.
Hélas, il y a un hic: nous sommes des millions à partager cette aspiration au voyage. Et pourtant, que le tourisme serait agréable... sans les touristes! Mais la ronde effrénée des vacanciers lancés sur les routes bondées et les aéroports surchargés ne peut que décourager ceux qui ont ne serait-ce qu’un brin de fibre individualiste. Les départs et séjours surorganisés, en masse, d’Occidentaux blasés, souvent irrespectueux des indigènes parce qu’indifférents ou simplement fatigués, n’ont plus rien en commun avec la valeur fondamentale du tourisme: la découverte d’un monde inconnu. Que reste-t-il des récits des explorateurs, grands voyageurs, aventuriers, qui nous ont tant fait rêver? La mobilité facilitée et le tourisme organisé ont-ils tué l’aventure, la soif d’autre chose?
Il existe heureusement de nombreuses alternatives au «bronzage idiot», et notre planète est assez vaste pour que chacun puisse y trouver son compte.
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D’abord, il est facile d’éviter les endroits à la mode colonisés par la Jet Set et les foules en mal de célébrité. Ensuite, personne ne nous oblige à nous entasser sur une plage ni à reproduire en vacances une copie conforme de la vie à la maison, en emportant sa nourriture, sa musique et ses amis.
| «La mobilité facilitée et le tourisme organisé ont-ils tué l'aventure, la soif d'autre chose?» |
A condition de ne pas être intéressés par les enclos de luxe, ni par la frime, ni par l’endroit où il faut absolument être vus pour épater les collègues et les voisins, il est très possible d’aller de découverte en découverte, sans avoir l’âme d’un colon et en respectant l’environnement.
En ce sens, les différentes organisations de «tourisme doux» proposent des vacances basées sur des critères éthiques et écologiques. Elles ont de beaux jours devant elles, car la demande est croissante. Elles offrent une palette de voyages et de découvertes s’adressant à ceux qui ne craignent pas les changements de rythmes de vie, les rencontres inopinées, l’inconfort parfois, et qui ne ressentent pas le besoin d’être maternés ou rassurés.
Ce dossier vous présente quelques pistes de réflexion, ainsi que des informations pratiques pour un tourisme adulte et responsable, qui invite à se ressourcer, se délasser sans forcément se rendre au bout du monde pour ressentir de l’émerveillement. Car au fond, prendre le temps d’en perdre au détour d’un lac, d’une montagne ou d’une fontaine, se laisser porter, imprégner par la beauté d’un site, d’une coutume, d’un repas ou d’une musique inconnue, n’est-ce pas là le vrai luxe du touriste flâneur, bien plus précieux que la vie de palace ou le stress bruyant des séjours arrangés déjà tout ficelés? Bonnes vacances!
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