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La pauvreté rend-elle heureux, comme le suggèrent les Béatitudes dans les évangiles? Ou est-elle, au contraire, une fatalité, une punition, un signe du désintérêt de Dieu ou de son refus de bénir?
Les psaumes de la Bible évoquent fréquemment la pauvreté. Ils répètent qu’elle n’est pas seulement matérielle: elle est une humilité de l’être tout entier qui fait dépendre l’homme de Dieu seul et l’emmène à rechercher en lui sa sécurité et son bonheur.
Dans la société actuelle, les fréquentes crises économiques, les réductions de personnel, les délocalisations engendrent chômage, difficultés et précarité. Ceux qui passent par là perdent leurs repères et se sentent très vite exclus. Cela n’est pas sans inquiéter les Eglises qui cherchent à répondre à ces difficultés en tentant de développer des projets de solidarité.
Organe de la Fédération des Eglises Protestantes de Suisse, la Conférence de Diaconie a fait du thème de l’exclusion le sujet de ses réflexions et de son travail depuis un an. Son but est d’encourager les Eglises à réfléchir à ce problème et à imaginer de nouvelles voies pour lutter contre le démantèlement social et toutes les formes de disqualifications sociales. Sa réflexion englobe autant l’exclusion des personnes et des groupes que celle qui concerne les régions périphériques.
Voici quelques points abordés dans le cadre de cette Conférence:
Il est notoire que les problèmes sociaux augmentent d’abord dans les villes, les grandes villes en particulier. Par conséquent, les coûts sociaux supportés par les collectivités augmentent eux aussi. Force est toutefois de constater que les aides matérielles, certes indispensables, ne résolvent pas tout. Les Eglises peuvent être actives en tant que communautés qui apportent un soutien fraternel et développent la solidarité sociale. Si l’Etat ne peut pas «aimer», la communauté ecclésiale peut jouer un rôle important dans ce domaine, en cherchant à rejoindre les «distancés» du système par des projets de proximité.
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Par ailleurs, on constate que le développement économique est toujours davantage situé dans les grandes agglomérations, au détriment des régions périphériques. Ainsi éloignée, la campagne n’est bientôt plus vouée qu’aux loisirs et au repos. Pourtant, pour garantir un développement durable, il est indispensable de trouver un équilibre entre la société, l’économie et l’environnement. Par sa structure couvrant tout le territoire, l’Eglise peut être actrice dans le développement régional, comme elle peut agir au niveau cantonal ou national. Elle peut tisser des liens, chercher des synergies, proposer des projets novateurs. On peut citer le développement d’initiatives liées au tourisme, à la spiritualité de la marche ou encore au soutien d’une activité traditionnelle.
La recherche et la réalisation d’initiatives nouvelles sont des tâches primordiales de la diaconie. Tisser des liens, chercher des solutions d’avenir, intensifier la présence de l’Eglise dans les lieux d’exclusion comme dans les régions périphériques, c’est la mise en pratique de l’espérance chrétienne.
La Conférence de Diaconie nous transmet ces pistes de réflexion. Elle met en perspective notre besoin d’apprendre à déceler les pauvretés, les exclusions et les souffrances autour de nous, pour ensuite dénoncer les mécanismes de mise à l’écart et de stigmatisation à l’endroit des plus faibles de la société. Car chacun doit pouvoir trouver sa place dans la communauté humaine.
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