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Les vacances approchent avec, pour bon nombre d'entre nous, le plaisir de découvrir de nouveaux horizons. Avant de tout oublier, le CSP nous propose une brève réflexion quant au paradoxe entre cet étranger où l’on se rend et ces étrangers qui se «rendent» chez nous.
Force est de constater que certaines destinations très prisées par les Suisses sont également de grandes pourvoyeuses de réfugiés. Certains des Etats concernés semblent, en effet, fournir de bien plus grands efforts à leur promotion touristique qu'à celle du respect des droits humains.
Si l'on se réfère aux statistiques récentes de l'Office fédéral des réfugiés (ODR)1, le nombre des demandeurs d'asile turcs figure en deuxième position. Même si, selon le rapport 2003 d’Amnesty International, quelques améliorations sont constatées puisque «des réformes législatives ont entraîné l'abolition de la peine de mort pour les crimes commis en temps de paix et la modification des lois qui restreignent la liberté d'expression. Toutefois, de nombreux prisonniers d'opinion continuaient d'être inculpés ou incarcérés (…), la torture en garde à vue demeurait une pratique répandue, voire systématique dans les locaux des sections antiterroristes du sud-est du pays (région du Kurdistan)», peut-on lire en page 394.
Au CSP, 20% des réfugiés statutaires dont nous nous occupons sont des ressortissants tunisiens un réfugié statutaire est une personne à qui la Suisse a octroyé l'asile et reconnu la qualité de réfugié. Si l'on se réfère au rapport de l'OSAR (Organisation suisse d'aide aux réfugiés)2 ainsi qu'au rapport d'Amnesty international3, on constate que le régime en place est un état policier dans lequel les citoyens n'osent pas exprimer leurs opinions: «Les conversations téléphoniques, les fax, le courrier électronique et la poste sont également surveillés»4. Les défenseurs des droits humains et les partisans de l'opposition sont, eux et leurs familles, victimes de persécutions. «La torture est systématique lors des garde à vue ainsi que lors des interrogatoires au Ministère de l'Intérieur»5.
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Toujours selon le rapport d'Amnesty International, la situation des Droits de l'Homme laisse aussi à désirer dans des pays comme Cuba ou l'Egypte.
Notre propos n'est ni de lancer des mots d'ordre de boycott, ni de culpabiliser les personnes qui visitent ces pays; nous aurions malheureusement pu en citer bien d'autres. Nous voulons simplement relever que la beauté des sites et l'hospitalité de nos hôtes ne doivent pas nous aveugler: ils ne constituent qu'une facette de la réalité de ces pays. Nous souhaitons surtout que nos compatriotes ne s’étonnent pas, à leur retour en Suisse, du nombre de ressortissants de ces pays «de rêve» qui demandent protection à notre pays.
Sources
1 Statistiques de l'ODR, années 2000, 2001, 2002, 2003.
2 Tunisie, analyse de la situation de janvier 2001 à avril 2002, rapport rédigé par Annegret Mathari.
3 Amnesty International, rapport 2003, p.389 et ss.
4 Rapport de l’OSAR, p.1 et 13.
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Laurence Hänni Guillod et Patrick Bilat
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à Neuchâtel
11, rue des Parcs
tél. 032 722 19 60
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à La Chaux-de-Fonds
23 rue Temple-Allemand
tél. 032 967 99 70
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5 Rapport de l’OSAR, p. 13.
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