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La pénurie ministérielle, surtout pastorale, est devenue une question sensible, une problématique qui ira croissant dans les années à venir. Le point avec Monique Vust, conseillère synodale, co-responsable du département de l’intérieur.
Depuis deux ans, presque chaque paroisse de l’EREN a été confrontée à la difficulté de repourvoir un poste qui se libère: les candidatures sont rares, et ne correspondent pas toujours au profil souhaité. L’EREN est touchée plus rapidement que les autres Eglises francophones et romandes, mais toutes subiront la même évolution, sauf peut-être celles qui, comme l’Eglise protestante de Genève ou l’Eglise évangélique réformée vaudoise, voient leurs postes diminuer pour des raisons financières.
Le nombre des étudiants qui se destinent au ministère pastoral a baissé continûment dans l’ensemble de la Suisse romande depuis une dizaine d’années, il ne suffit donc pas à compenser les départs. A partir de 2007, le déséquilibre sera particulièrement critique car bon nombre de ministres atteindront l’âge de la retraite.
La ligne d’action la plus importante sera d’essayer d’inverser la tendance; que ce soit dans les familles, au catéchisme et à toute occasion faire mieux connaître les études théologiques et le ministère pastoral, en souligner les richesses et l’intérêt, discerner des vocations, soutenir les personnes en formation, créer des conditions plus attractives pour l’entrée dans le travail en Eglise: nombreuses sont les réflexions en cours pour assurer la relève ministérielle. Mais, si adaptées que soient les mesures prises, et avant qu’elles ne portent leurs fruits, l’EREN vivra quelques années difficiles. L’Eglise pourrat- elle continuer à assumer ses responsabilités dans une période de pénurie ministérielle? Comment les paroisses s’organiseront-elles pour accomplir leurs tâches sans surcharger gravement les pasteurs en place? Les projets en cours pourront-ils voir le jour si les Conseils paroissiaux doivent établir des priorités strictes? Les paroisses seront-elles solidaires, si certaines peinent à trouver des ministres alors que d’autres repourvoient plus facilement leurs postes? Inquiet de la lourdeur de sa mission, et du petit nombre de ses combattants,
Gédéon s’entendit répondre: «Va avec la force que tu as». L’EREN continuera d’avancer en discernant ses forces, et en les plaçant judicieusement.
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Dans les équipes ministérielles que connaissent les paroisses actuellement, les dons personnels et les compétences acquises par la formation devraient permettre à chacun de trouver sa juste place en s’insérant dans un groupe et en bénéf iciant des compétences complémentaires.
Dans un tel groupe, les pasteurs ne sauraient plus être chargés de l’ensemble de l’activité, d’autres tâches de la paroisse pourraient être accomplies par des diacres ou des laïcs engagés en fonction de leurs qualités professionnelles. Les paroisses touchées par la pénurie vivent une situation déstabilisante, qui les oblige à repenser leur mission, leurs priorités, et à peser les forces dont elles disposent pour l’accomplir. Le Conseil synodal ne veut pas envisager cette pénurie comme une incitation à la résignation ou au resserrement, mais plutôt comme un déf i à la réflexion et à l’imagination. De cette confrontation naîtra une richesse certaine: car l’Eglise a ainsi l’occasion de préciser les spécificités de chaque ministère, de mieux cibler son ambition et sa responsabilité, de chercher et trouver en son sein des personnes compétentes prêtes à s’engager à son service. Au nombre des forces qui assurent son existence, elle peut compter sur la confiance que Dieu pourvoit à sa vie.
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