La Vie Protestante neuchâteloise
n° 167 • septembre 2004
Vivre à crédit: argent plastique
à savoir

Les avantages vantés dans la publicité pour la carte de crédit collent… plutôt bien à sa plastique! Pratique, sûre, confortable, actuelle, indispensable... on serait vite tenté de croire qu’elle n’a que des avantages! Anne-Lise Chappuis et Anne Bersot, assistantes sociales au CSP, nous emmènent à la découverte de la face cachée de l’argent plastique.

Lorsqu’on prend le temps d’observer le comportement d’un utilisateur de carte de crédit, on prend alors vite conscience des défauts que ses qualités dissimulent sournoisement: «j’achète et je consomme aujourd’hui avec l’argent que je gagnerai, peut-être, demain!». On imagine sans peine les dérives possible, et les pièges dans lesquels se retrouvent enferrés un nombre sans cesse croissant d’utilisateurs. Nous ne parlons ici que des cartes de crédit – qui permettent d’acheter avant de payer – et des incidences et des risques qu’elles peuvent engendrer.

«J’achète et je consomme aujourd’hui avec l’argent que je gagnerai, peut-être, demain!»

Ce sont les cartes émises par des instituts bancaires ou des chaînes de magasins. Celles qui impliquent un encaissement immédiat, comme les cartes EC-direct, Postomat ainsi que les cartes Cash, n’en font pas partie, car elles ne permettent pas «l’achat à crédit».

Des fuites au budget
Dans notre pratique d’assistants sociaux, nous sommes souvent confrontés à la difficulté d’établir un budget, non seulement parce qu’il est serré, mais aussi parce que, devenu perméable, il prend l’eau de toute part! Le salaire versé par l’employeur est identique chaque mois, mais le revenu disponible, lui, fluctue énormément! L’émetteur des cartes de crédit se rembourse sur votre compte, le plus souvent juste avant la fin du mois, et voilà que votre salaire est déjà amputé de plusieurs centaines de francs le jour de la paie… pas toujours besoin de passer par l’office des poursuites pour subir une saisie sur salaire!

Des revenus limités supposent, conjointement, une rigueur et une discipline exemplaires dans la gestion du budget pour tenter de le maintenir équilibré. L’exercice est souvent périlleux et fastidieux, rien que pour gérer son portemonnaie, son argent liquide. Alors, que peut-il se passer si au lieu de prendre 20 francs dans sa bourse on tend sa carte de crédit au vendeur?! Et on y prend très vite goût, on se dit: «heureusement qu’elles existent», «on ne pourrait plus s’en passer», «grâce à elles, on peut manger jusqu’à la fin du mois ou mettre de l’essence dans sa voiture pour aller travailler…».

En pratiquant de la sorte, un budget peut se déséquilibrer rapidement; le glissement vers l’endettement devient presque inéluctable. D’aucuns nous diront: «cessez de jouer les oiseaux de malheur, vous les assistants sociaux; vous ne voyez que le mauvais côté des choses, vous êtes passéistes et anxieux!». Nous aimerions bien avoir tort, mais toutes ces remarques sont tirées de notre pratique.

S’il est vrai que l’usage de cet argent plastique procure plus d’avantages que de problèmes pour un grand nombre d’utilisateurs, nous devons constater qu’il est plutôt réservé aux personnes dont le budget confortable laisse du disponible après le paiement des charges courantes. D’autre part, ce que la publicité ne dit pas toujours, son utilisation n’est pas sans frais, ni risque de taux d’intérêts plutôt élevés dès qu’il y a retard de paiement. Ces deux thèmes ont été traités dans les éditions de juin 04 de la Revue J’achète mieux et de mai 04 de Bon à Savoir.

Anne-Lise Chappuis et Anne Bersot

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à Neuchâtel
11, rue des Parcs

tél. 032 722 19 60


à La Chaux-de-Fonds
23 rue Temple-Allemand

tél. 032 967 99 70

   
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