La Vie Protestante neuchâteloise
n° 168 • octobre 2004
L'oecuménisme, 60 ans après
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L’oecuménisme d’aujourd’hui date des années 40. Né aux Etats-Unis, ce mouvement regroupe toutes les Eglises chrétiennes qui ont pour objectif de refléter l'Eglise unie. Si au départ ce sont les Eglises catholiques et protestantes qui sont les éléments moteurs de l’oecuménisme, les Eglises libres rejoignent petit à petit le mouvement. Depuis quelques années, on constate une évolution de l’oecuménisme qui peut prêter à confusion: c’est le cas de certains rassemblements qui ont intégré des représentants des autres religions, comme le bouddhisme, l’hindouisme ou encore l’islam; mais cette approche s’apparente plutôt au dialogue interreligieux qu’à l’oecuménisme proprement dit.

Courants de société
À notre époque, les gens qui prennent part à de grands rassemblements religieux sont davantage attirés par l’ambiance de ceux-ci que par le message que l’on y transmet. Dès lors, ceux qui trouvent leur plaisir dans une approche plus «simple» du message de la Bible, et qui cherchent à l’intégrer dans leur vécu de tous les jours, paraissent presque «sectaires» en comparaison. Ce phénomène, entre autres, a poussé les Eglises à se mettre sur la défensive, ce qui ne facilite pas les échanges inter-Eglises que nous souhaitons dans l’oecuménisme.

La pratique de l’oecuménisme «involontaire»
L’art. 9 de la Constitution de l’EREN stipule que «L’Eglise a pour vocation de faire connaître à chacun, en paroles et en actes, l’amour manifesté par Dieu en Jésus-Christ à l’égard de tous les hommes, sans distinction de races et de conditions». Tout un programme, en pesant chaque mot! Comment réalisons-nous cette mission? Il est très réjouissant de constater qu’un grand nombre d’échanges sont vécus au quotidien, dans les cours d’écoles ou lors de rassemblements sportifs – pour ne citer que ceux-ci. Ils forment ensemble un tissu très solide qu’on pourrait qualifier d’oecuménisme «involontaire». Des exemples récents l’attestent, comme ces deux jeunes souhaitant se marier religieusement et qui ignoraient chacun leur propre confession; ou encore ce jeune garçon, issu d’une famille protestante, qui a souhaité pouvoir suivre son catéchisme avec son copain catholique!

Où en sont les Eglises?
Que cela soit dans le canton de Neuchâtel, en Suisse ou partout ailleurs, il existe plusieurs organisations qui oeuvrent dans le sens d’un vrai oecuménisme: les groupes qui organisent La Semaine de l’unité, les Conseils Chrétiens, une communauté de travail des Eglises chrétiennes (sur le plan cantonal), la COTEC, et la CTEC (sur le plan suisse), ou encore le Conseil oecuménique des Eglises (créé en 1948), à Genève au niveau mondial. Mais pour ce qui est de dire et de vivre le «je crois en la sainte Eglise universelle…», les responsables des Eglises dans le monde ont encore du chemin parcourir. Pour preuve, les récentes critiques du patriarche de Moscou, Alexis II, à l’endroit de l’Eglise catholique qui faisait, selon lui, du prosélytisme… Le dialogue oecuménique serait-il en panne?

Aller plus loin
Nous nous devons certainement d’être tolérants, tout en affirmant notre foi. Il incombe à chacun de faire un bout de chemin vers l’autre. Quelques exemples: – Rome pourrait reconnaître le charisme des pasteurs protestants; – les évangéliques pourraient se libérer d’un dogmatisme parfois trop rigoureux; – les protestants pourraient surmonter leurs réactions au symbolisme; – le chrétien ne va pas perdre des libertés, souvent acquises par des réformes. Les mouvements et communautés oecuméniques, nos Eglises, et chacun de nous devons nous impliquer très concrètement, car c’est brique par brique que nous construirons l’Eglise de demain, celle que nous léguerons à nos enfants. Ne cherchons donc pas tant l’unanimité que l’unité, un but vers lequel l’amour seul peut nous faire tendre!  

Michel Humbert

   
   
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