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Le respect, c’est quoi? «Une notion qui tend à disparaître!», répondront à brûle-pourpoint, et non sans quelque raison, les amateurs de civilités, nostalgiques d’un temps où une politesse élémentaire et un minimum de galanterie allaient de soi. Le dictionnaire, lui, se montre à la fois plus général et plus précis, en proposant la définition suivante: «Sentiment qui porte à traiter quelqu’un ou quelque chose avec égard, en évitant de lui porter atteinte». Atteinte: ce mot ne manque pas de résonner et d’engendrer des amalgames. Atteinte - déprédation - vandalisme - préjudice...
| «Difficile dans certaines conditions de demander à des jeunes de donner sans autre ce... qu’ils n’ont pas reçu!» |
Aussitôt, l’image, un brin cliché, de «la jeunesse qui ne respecte plus rien» resurgit, alimentée par des visions de murs tagués, de cabines téléphoniques endommagées et d’autres lieux publics saccagés. Certes, ces atteintes, souvent le fait d’adolescents dits «sans cervelle», sont bien réelles. Mais faut-il se contenter de ce seul constat - «confortable» en ce sens qu’il désigne clairement des «coupables»? Ce serait, histoire de parodier Cyrano, un peu court! Et l’on pourrait, en approfondissant un peu l’analyse, ajouter passablement de choses intéressantes en somme... A commencer par la formule récurrente mais sûrement pas infondée - allez en parler avec nombre d’enseignants!... - des «parents démissionnaires». Trop faibles, trop occupés ailleurs, trop égocentriques pour offrir à leurs rejetons des cadres, des limites - sécurisantes! - qui leur diraient implicitement, leur confirmeraient au quotidien, qu’ils existent, qu’ils sont «aimables», et partant que les autres existent aussi, avec toute la considération que cela suppose. Cette absence de repères, de références relève indéniablement d’un grave et fondamental manque de respect. Difficile dans ces conditions de demander à des jeunes de donner sans autre ce... qu’ils n’ont pas reçu!
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Et la société, celle dont on parle et qui sert de modèle à imiter, n’est pas «toute blanche» non plus pour ce qui est du respect qu’elle génère et qu’elle devrait partant inspirer. Pas une semaine ne s’écoule sans qu’éclatent de nouveaux scandales de pédophilie ou d’abus sexuels, perpétrés souvent par des gens qui ont autorité. Chez nos voisins français, de politiciens, des financiers, auteurs d’exactions importantes, passent à la télévision en vedettes. Le sport, pour sa part, fait plus parler de lui en raison du dopage, de coups bas, de salaires astronomiques et de crachats à la face de l’adversaire - merci pour l’exemple... - que pour les gestes de fair-play - ce concept a-t-il seulement encore un sens? - qu’il offre à applaudir. Comment, au nom de quoi, exiger dès lors de gosses du respect dans ce contexte?...
Prenons, pour conclure en mettant en exergue l’évidence d’une responsabilité collective, un fait d’actualité récent - parmi une nuée potentiellement à disposition: les courses de voitures organisées sur nos routes par une poignée d’imbéciles au mépris total de la vie d’autrui. Compétitions à sanctionner sans retenue: les limitations de vitesse exigent aussi le respect! Mais en amont de ces actes répréhensibles, que découvrons-nous? Des kyrielles de publicités vantant, avec la bénédiction du système, les performances sportives de bolides surpuissants. Cela sans compter qu’au nom de l’appât du gain et du sacro-saint audimat, le moindre film policier, le premier feuilleton à quatre sous nous gargarisent, à l’instar d’une légion de jeux vidéo, de poursuites de bagnoles effrénées et d’accidents en cascades causés par des «héros» tout sourire! Cherchez l’erreur: quand on sème le vent...
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