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Dans le cadre de leur campagne d’automne 2004, l’EPER et DM-échange et mission lancent un vibrant appel à davantage d’équité et de démocratie. En solidarité avec les communautés et les Eglises d’Haïti et du Cameroun, nous sommes invités à découvrir comment il est possible de tendre vers plus de justice en améliorant durablement les conditions de vie des plus démunis, notamment au travers de la formation des jeunes. A l’heure où, ici comme là-bas, les disparités économiques et sociales s’accentuent, ce thème mérite que l’on y prête une attention particulière.
L’équité, une question d’équilibre
Il suffit d’être à l’écoute du monde pour se rendre aussitôt compte qu’il est en déséquilibre. Au Sud, des pays fortement endettés - dont le FMI vient une nouvelle fois de repousser l’abolition de la dette financière à un improbable avenir -, qui manquent de ressources (ou des moyens d’en tirer parti), des régimes politiques fondés sur la peur et la violence, des famines et des catastrophes naturelles imparables, des maladies qui menacent de décimer des nations entières. Chez nous, des franges entières de la population luttant pour atteindre ce qu’on appelle pudiquement le minimum vital, des taux de chômage si récalcitrants qu’on finit par s’y habituer, un mal-être diffus qui se manifeste par des actes d’incivilité ou par le mal qu’on s’inflige à soi-même sous diverses formes. «On ne choisit pas où l’on naît», dit une chanson qui hante nos radios. C’est vrai, on ne choisit pas la région du monde dans laquelle on voit le jour. Tout comme on ne choisit pas de tomber dans la précarité parce qu’on vieillit, qu’on travaille à plein temps pour un salaire de misère faute de formation, qu’on élève ses enfants tout-e seul-e ou parce que les accidents de l’existence nous ont menés jusqu’à la dépression.
Pas de justice sans espérance
Personne ne choisit d’avoir le dessous au grand jeu de la vie. Quelque chose ou Quelqu’un?! en nous le sait bien. Qui nous interpelle et nourrit en nous une faim insatiable de justice.
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Devant les souffrances et les injustices, Christ ne fermait pas les yeux. Il ne prenait pas la fuite. Pas plus qu’il ne tenait de propos lénifiants ou faisait de promesses sans lendemain. Il acceptait d’aller au-devant de ce qui posait problème. Il entrait dans le concret des vies, avec leurs imperfections, leurs limites et leurs défis. Il se tenait aux côtés des personnes impliquées, pour affronter et traverser l’inacceptable.

Ce faisant, il transformait radicalement toute la situation. En nous intéressant à nos frères et soeurs d’Haïti et du Cameroun, en réfléchissant aux liens qui existent entre leur contexte et le nôtre, en cherchant des moyens de les mettre en évidence et d’y remédier, nous cheminons sur l’étroit sentier de l’espérance, entre faim de justice jamais totalement assouvie et inégalités persistantes mais non inéluctables.
«Heureux ceux qui ont faim et soif de vivre comme Dieu le demande, car Dieu exaucera leur désir.» Matthieu 5:6
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Jacqueline Lavoyer-Bünzli
Co-titulaire du Département Diaconie et Entraide
(Photo: P.-A. Heubi)
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