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La production littéraire de l’automne est de qualité, avec notamment quatre ouvrages du crû. Commençons par le plus bref, le plus dense, le plus poignant aussi. En un style maîtrisé et concis, Claude Darbellay nous fait partager le désarroi d’une famille qui a perdu un premier enfant d’une maladie respiratoire. Réaction du père: il s’abîme dans le chagrin, multiplie les photos du disparu, même de son cercueil, et rejette la responsabilité sur sa femme. Déni de la mère qui ne fait pas le deuil de cet enfant, en conçoit un autre et lui donne le même prénom que le premier. Le couple se sépare. Le fils rencontre régulièrement son père. Le récit s’ouvre du reste par une visite qu’ils font ensemble au cimetière. Effrayé, l’enfant découvre son propre nom sur une tombe. Il devra se marier lui-même et entendre les pas de son propre enfant pour surpasser sa déchirure originelle. On ne remplace pas impunément un enfant par un autre.
Claude Darbellay
Le Frère
Ed. Nvelle Revue neuchâteloise, 2004 |
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Tout autre climat chez Jean Buhler, même si l’enfance est aussi le centre de son livre. On peut soupçonner l’auteur d’avoir prêté ses propres souvenirs à son narrateur. Garçon de douze ans, il nous entraîne, avec son frère aîné, dans les rues, les écoles et les environs de La Chaux-de-Fonds, dans leurs jeux et les excursions familiales près du Doubs pour cueillir des framboises. Nous partageons encore leurs fantasmes quand les deux garçons se mettent en tête de rejoindre à Moscou une marraine de leur père, très belle, découverte sur une vieille photo de famille. Dès lors, deux narrations distinctes se succèdent. La première évoque avec réalisme la vie chaux-de- fonnière d’une famille d’instituteurs à la fin des années 20 du siècle passé.
La seconde nous emporte dans les rêves délirants et surréalistes de deux jeunes adolescents qui se mettent en route en plein hiver et à pied. Leur escapade ne dépasse pas la douane française. Ils évitent pourtant un piteux retour dans leurs pénates grâce à l’hospitalité bienveillante des douaniers. Ils rencontreront un vieux mage africain qui leur propose d’avaler une poudre mystérieuse.
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Pendant trois nuits, ils voyageront à travers l’Alsace, l’Allemagne et la Pologne jusque sur la Place Rouge. Les dessins de l’aîné et les rédactions du cadet attestent chaque matin la réalité de leur voyage... avant leur retour à la Rue du Doubs.
Jean Buhler
Les échelles de la mort
Ed. G. d'Encre, 2004 |
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Gilbert Pingeon aime écrire, et livre_1.html nous livre deux ouvrages. Si le lecteur se laisse prendre par les idées déconcertantes de l’auteur, s’il entre dans ses visions humanistes, politiques, religieuses militantes... il partagera son plaisir d’écriture. Il est pourtant difficile de découvrir où doit nous mener son «Quand le mur était debout». Il ne faut probablement pas essayer de comprendre, mais se laisser emporter par la succession de paragraphes aux images échevelées.
Gilbert Pingeon
Quand le mur était debout
Ed. de L'Aire, 2004 |
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S’il se trouve trop perturbé, le lecteur trouvera dans le second livre une matière plus cohérente sous la forme de huit nouvelles. Animé du même bonheur d’écriture, Pingeon nous offre une image de la Suisse d’aujourd’hui souvent satirique mais bienveillante. Ainsi, «Le Rêve de Malraux», qui donne son titre au recueil, retrace avec beaucoup d’humour et de réalisme les affres qui présidèrent à la préparation d’EXPO 02.
Gilbert Pingeon
Le rêve de Malraux
Ed. de L'Aire, 2004 |
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