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Tous ceux qui ne relèveront la tête qu’à l’heure de fermeture du dernier supermaché, pour savourer la traditionnelle dinde ou s’envoler vers des cieux plus cléments, n’ont pas toujours conscience que, tout près d’eux, d’autres individus ont pour ultime espoir celui de trouver à se loger et à se nourrir. Le point sur l’accueil des plus démunis avec Silvia Jaquet et François Konrad, assistants sociaux au CSP.
Dans notre canton, un minimum vital, comme celui garanti par la Loi sur l’action sociale, a pour but de permettre de se nourrir, de se loger et d’avoir accès aux soins médicaux. Malgré cela, il n’est pas rare que le Centre Social Protestant soit sollicité par des personnes qui, sans le sou, cherchent un lieu où passer la nuit ou qui demandent une aide alimentaire.
Parce que le problème n’est pas uniquement financier, des lieux d’accueil de nuit et des bistrots dits «sociaux» ouvret leurs portes à ces personnes qui sont souvent en rupture avec la société. Ces lieux nous paraissent nécessaires pour que tout un chacun puisse, non seulement manger ou dormir, mais aussi être accueilli et écouté. La garantie d’un minimum vital ne suffit donc pas à combler toute détresse; la grande misère, c’est l’exclusion.
Manger pour quelques francs dans le canton?
C’est heureusement possible. Parmi d’autres structures actives dans ce domaine, le 13 ouvert, sous la houlette du Drop In, l’Espace des solidarités et l’Espace des Montagnes, gérés par Caritas, sont des «bistrots sociaux» qui proposent un repas pour une somme très modique et qui offrent un véritable accueil. Le bouche à oreille fonctionne bien et la demande est importante. Le 13 ouvert et l’Espace des solidarités servent, par exemple, chacun en moyenne une cinquantaine de repas par jour. Si le repas servi permet d’apaiser les estomacs, il est surtout le prétexte et l’occasion de sortir de l’isolement. On y vient donc pour manger à très bon marché, mais aussi et peut-être avant tout, pour recréer un lien social en partageant un repas, en participant à une activité ou en donnant un coup de main. Ce rendez-vous quotidien représente parfois la seule opportunité d’échange, la seule heure établie qui rythme une journée.
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Et dormir…?
A Fribourg, on l’appelle La Tuile, à Bienne le Sleep-In et à Yverdon La Lucarne. On l’appellera peut-être L’Etape à Neuchâtel, si le projet en cours aboutit. Ces lieux d’accueil d’urgence existent our celles et ceux qui se retrouvent en situation de précarité et sans domicile fixe.

L’objectif est de proposer, pour un prix symbolique, un endroit pour passer la nuit, mais également un repas chaud et la possibilité de faire sa toilette. Dans le canton de Neuchâtel, un tel lieu n’existe pas, mais nous formons de grands espoirs dans le projet d’accueil de nuit auquel travaille actuellement la Fondation en faveur des adultes en difficultés sociales.
L’attente est d’autant plus grande que, comme le mentionne La Tuile à Fribourg dans son courrier accompagnant le rapport d’activité 2003, «…nous constatons dans notre pratique un changement dans le sens où les personnes que nous accueillons sont de moins en moins marginalisées et proviennent de tous les milieux sociaux».
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Silvia Jaquet et François Konrad
(Photo: L. Borel)
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à Neuchâtel
11, rue des Parcs
tél. 032 722 19 60
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à La Chaux-de-Fonds
23 rue Temple-Allemand
tél. 032 967 99 70
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