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Aventure extraordinaire dans laquelle nous embarque la Jurassienne Sarah Marquis: réaliser à pied le tour de l’Australie à travers les immensités désertiques, par une chaleur souvent torride, affronter, presque chaque jour, la simple nécessité de survivre. Pour relever pareil défi, il ne suffit pas d’avoir un goût passionné de l’aventure solitaire. Il faut une intense préparation morale et physique, une étude intelligente des pistes à suivre, des points d’eau à ne pas manquer et la mise en place d’une intendance minimale. Notre aventurière a tout cela pour elle: une expérience de longues marches et le secours régulier de son frère. A cinq reprises, il la rejoint à des relais déterminés pour renouveler son matériel.
Le récit est alerte et dynamique. Le lecteur se laisse entraîner sans jamais se lasser, tant les rencontres de la marcheuse sont variées. Il lui a fallu pourtant attendre la dernière étape pour, conformément à son ambition de départ, tomber enfin sur une tribu d’aborigènes encore non corrompus par la civilisation.
L’entreprise laisse toutefois songeur: à quoi une telle expérience est-elle utile? Permettre à celle qui la tente de se dépasser, de conférer à son existence une dimension au-delà de toute mesure? Certes, et Sarah Marquis témoigne tout au long de son équipée de son aspiration à découvrir la vraie Vie - c’est elle qui lui attribue une majuscule! -, une vie proche de la nature sauvage, enracinée dans la terre qu’elle foule pas à pas.
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Mais dès lors, pourquoi ce besoin de faire partager cette épopée strictement personnelle, d’en écrire un livre, de convoquer la télévision pour en filmer les derniers épisodes? Cette médiatisation ne va-t-elle pas à l’encontre de la solitude quasi totale dans laquelle elle s’est volontairement enfermée durant dix-sept mois? Un épisode de cette aventure est révélateur. Un vieux couple, sur une piste, s’arrête à sa hauteur. Sans doute naïvement, avec une intention peu claire de prosélytisme primaire, il lui remet une petite bible. Sarah Marquis ressent ce cadeau comme une intrusion insupportable dans sa démarche. Elle s’empresse d’abandonner le livre sous un caillou, dans l’idée qu’un kangourou en fera peut-être son profit! Sans s’en douter, par présomption, ne s’est-elle pas privée d’une source de Vie complémentaire à celle qu’elle a cherchée au gré des 14’000 kilomètres de sables parcourus, une source tout aussi féconde?
Sarah Marquis
L'aventurière des sables
Ed. du Roc |
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