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Déserter les salles de cinéma pendant l’été? N’y pensez plus! Victimes de la mondialisation de nos échanges culturels et économiques, les distributeurs ont rayé le mot relâche de leur vocabulaire.
Aller à l’aveugle au cinéma en été n’est pas sans charme. Pour peu que la climatisation soit au rendez-vous, nous voilà plongés dans un spectacle fort rafraîchissant, celui de la toile bébête ou anonyme que l’on a ressortie des placards pour meubler l’écran. La séduction opère d’autant plus que nous nous y rendons librement, par pure oisiveté, dégagés de la pression médiatique qui nous somme d’aller voir le dernier chef-d’oeuvre de machin chose.

Las, pour des raisons que nous exposons en encadré, ce petit plaisir est en passe de disparaître... Au risque de nous faire tabasser par la presse hystérique, nous ne pouvons ignorer les sorties de films signés de réalisateurs aussi importants que Steven Spielberg ou Tim Burton! A l’heure où vous nous lirez, le nouveau film de l’auteur de «La liste de Schindler» aura déjà fondu sur la planète entière. Adapté du roman de Herbert George Wells publié en 1897, «La guerre des mondes» retrace l’arrivée sur terre de martiens particulièrement agressifs. Pour mémoire, cette oeuvre a été à la fois l’un des précurseurs de la littérature de science-fiction et un baptême du feu pour le futur fondateur du cinéma moderne. Le 30 octobre 1938, Orson Welles créa en effet une panique mémorable à travers tous les Etats-Unis via une mise en onde particulièrement réaliste du bouquin de son presque homonyme. Quinze ans plus tard, en pleine guerre froide, le cinéaste américain Byron Haskin procéda à une première adaptation cinématographique politiquement très orientée. La réussite du «remake» tiendra donc à la capacité de Spielberg de réactualiser cette invasion rougeoyante, en la reliant à la situation politique qui prévaut dans notre pauvre monde. Autre film estival très attendu, dont la sortie est prévue le 13 juillet, «Charlie et la chocolaterie» est lui aussi une adaptation d’un livre mythique.
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L’on se réjouit de voir ce que va donner cette «rencontre» entre Tim Burton, l’un des réalisateurs américains les plus originaux du moment, et Roald Dahl (1916-1990), l’un des rares écrivains pour la jeunesse digne de ce nom! Enfin, il y a fort à parier que cette année, vos enfants refusent tout net de partir en vacances... En tout cas pas avant d’avoir découvert «Madagascar», la dernière animation 3D commanditée par Dreamwork, qui investira nos écrans dès le 6 juillet.
| Quand Hollywood dicte le pas |
Observé depuis quelques années, le phénomène semble devenu irrésistible. Jadis, le cinéma faisait quiètement relâche l’été venu, se contentant de quelques reprises pour satisfaire les rares cinéphiles désireux de préserver leur absence flagrante de bronzage. Aujourd’hui, plus question de déserter les salles obscures! Oublieux de nos vacances horlogères, Hollywood fait en effet débouler certaines de ses superproductions les plus attendues dans la touffeur de l’été. Cette mutation radicale dans l’univers autrefois très réglé de la distribution a ses causes.
De fait, l’Amérique a toujours agi ainsi sur son territoire, profitant des jours fériés occasionnés par la commémoration de l’«Independance Day» (le 4 juillet) pour lancer ses plus grosses machines. La nouveauté, c’est l’extension généralisée de cette stratégie au monde entier. Pour tenter de contrer le piratage, les pontes des «majors» jouent de plus en plus la carte de la sortie mondiale, faisant tirer des myriades de copies de leurs films à succès et dictant bien sûr le calendrier. Voilà pourquoi «La guerre des mondes» de Steven Spielberg a été distribué le 29 juin dernier dans des milliers de cinémas, de Knokke-le-Zoute à Brno en passant par Southampton et Valparaiso. Seule la misérable Afrique échappe à cette intense exploitation, et pour cause! Sous nos latitudes, cette politique de distribution estivale n’est pas sans effets négatifs. Ainsi, les distributeurs indépendants hésitent de plus en plus à sortir des films d’auteur durant cette période déjà peu encline à la cinéphilie, craignant à juste titre la concurrence déloyale des «blockbusters». (V. A.)
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