La Vie Protestante neuchâteloise
n° 177 • septembre 2005
L'Eglise au fil du temps
page du CS

Le présent de l’Eglise n’est pas sans inspirer quelques doutes ou inquiétudes. Quid de l’avenir? Réflexion emplie de confiance de Michel Humbert.

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Après la dernière Guerre mondiale, l’équilibre de la société était basé sur cinq piliers: l’Etat, la politique, l’Eglise, la famille et l’armée. Que reste-t-il aujourd’hui de cet édifice? La chute du mur de Berlin à la fin des années 80 a constitué un bouleversement majeur de notre histoire qui a eu une incidence certaine sur nos Eglises.

AUJOURD'HUI

Nous vivons à une époque caractérisée par un haut niveau de technicité: l’informatique a passablement modifié notre monde en le numérisant - pensons à l’omniprésence d’internet et du téléphone mobile. C’est une transformation importante, comme l’a été l’avènement de l’imprimerie voici 500 ans. Économiquement, les effets de la mondialisation se font sentir dans tous les secteurs, directement ou indirectement. Notre environnement est devenu multiculturel, multiethnique et multireligieux. Une réalité tout à fait perceptible dans notre corps pastoral dont un nombre toujours plus important de ministres nous vient d’autres continents du globe; c’est là un retour somme toute logique du scénario missionnaire. Alors que nos Eglises se vident, et que le nombre de vocation s’amenuise, on observe paradoxalement une grande soif spirituelle chez nos contemporains, toutes classes d’âges confondues. Les sacrements semblent devenir des rites détachés de tout engagement. Une statistique relevait qu’en France, avec une proportion de 60% de baptisés, seul 3,5% des gens se déclaraient pratiquants! Nos lieux d’apprentissage - la mission et la formation - sont encore les éléments qui, dans l’ensemble, donnent des résultats probants.

DEMAIN

Pour transmettre la foi dans l’avenir, il s’agit de travailler ensemble de manière inventive et dynamique. Nous connaîtrons des moments difficiles, mais l’Eglise a toujours su gérer ses crises sans paniquer, le temps est venu de le démontrer, une fois de plus!  

Michel Humbert, conseiller synodal
(Photo: L. Borel)

Vocations

Si l’on se focalise sur la question des vocations, c’est que le sujet est actuel. Notons que la notion de vocation s’applique également aux laïcs qui peuvent l’envisager au travers du bénévolat. Les vocations ont existé, existent et existeront. Par contre les exigences des vocations ont passablement changé au cours des dernières années. On demande aujourd’hui davantage d’enthousiasme et d’imagination tout en exigeant des ministres d’être en conformité avec le passé. «Car Dieu a tant aimé le monde...» (Jean): mais notre Eglise aime-t-elle assez le monde pour mériter des ministres? Un article sur la pénurie des prêtres en France proposait d’ouvrir la fonction aux laïcs, à l’image de Paul qui oeuvrait comme faiseur de tentes, de Pierre, patron pêcheur, du grossiste en draps qu’était François d’Assises, du militaire qu’était Charles de Foucauld et d’un certain charpentier de Nazareth. Il proposait même d’exiger que tous les prêtres aient une formation professionnelle autre que leur vocation. (M. H.)  

   
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