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Une Journée internationale des Droits de l’Homme se tient le 10 décembre de chaque année. Elle rappelle l’existence de cette Charte, fondamentale pour toute la communauté humaine, et commémore son adoption par l’Organisation des Nations Unies en 1948. Cette Journée permet aussi à certaines paroisses de l’EREN d’organiser des activités en s’appuyant sur le thème et la documentation proposés par l’Action chrétienne contre la torture (ACAT). L’action de cette année, intitulée «Les requérants d’asile ont aussi des droits», devrait nous interpeller plus que jamais.
De nombreux passages, dans la Bible, évoquent la question des étrangers, de leurs droits et de l’accueil à leur réserver. Ainsi est-il question dans Deutéronome 10,17-19 du «Dieu grand, puissant et redoutable, qui ne fait point d’acception de personnes et qui n’accepte point de présents, qui fait droit à l’orphelin et à la veuve, qui aime l’étranger, et lui donne la nourriture et le vêtement.» «Vous aimerez donc l’étranger», conclut-il à l’adresse de son peuple. Dans l’Evangile de Matthieu (25,34 et suivants), il est dit qu’à la fin des temps le Roi reconnaîtra les siens au travers de leurs actes de solidarité et de compassion. Or, l’une des manières dont cette fraternité vécue au quotidien sera révélée tient au fait que: «J’étais étranger et vous m’avez recueilli.» Ailleurs encore, en Pierre 2,11, il nous est rappelé que nous ne sommes tous que de passage sur cette terre et que cela doit nous inciter à rester attachés à l’essentiel, c’est-à-dire à cultiver notre humanité profonde pour rejoindre celle des autres.
Des droits reconnus, mais souvent bafoués
Composée d’une trentaine d’articles, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme précise les droits fondamentaux de tout être humain, ainsi que leur reconnaissance et leur respect par la loi. Elle n’a toutefois pas de véritable portée juridique. On constate d’ailleurs, à travers le monde, diverses formes de violation de ces droits pourtant communément acceptés. Ainsi en va-t-il des dispositions relatives à la vie, la liberté et la sécurité des personnes (art. 3), mises à mal dans de nombreux pays en état de guerre intérieure.
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Ou de celles garantissant à chacun le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique (art. 6) et à bénéficier de l’asile en d’autres pays en cas de persécution (art. 14) - avec lesquels les récents durcissements de la législation suisse sur l’asile sont en contradiction. Quant au droit à un niveau de vie suffisant, sur toute la planète, pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille (art. 25), on est évidemment encore bien loin du compte!
Pas étonnant dès lors que de nombreuses personnes fuient des conditions de vie devenues insupportables et cherchent refuge en Europe. Certes, ces mouvements migratoires soulèvent des questions et créent des problèmes qu’il serait faux de minimiser. Mais ne cédons pas à la peur, au risque de nous refermer sur nousmêmes. Restons, au contraire, dans une attitude d’ouverture face à cette problématique. Informons-nous auprès des nombreuses instances et institutions actives dans ce domaine. Discernons quel peut et doit être notre engagement à cet égard. Réaffirmons haut et fort l’intangibilité de la dignité humaine. Et, surtout, souvenons- nous que tout étranger est, comme nous, l’une des multiples facettes du visage de Christ sur notre terre en notre temps.
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Jacqueline Lavoyer-Bünzli
(Photo: L. Borel)
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