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Difficile de concevoir que, derrière les façades si paisibles de nos rues, quantité d’êtres, presque exclusivement des femmes, se font battre, abuser ou violenter psychiquement. Et pourtant, la gravité de cette réalité a mobilisé l’appareil politique. Sonnette d’alarme!
La vie, en particulier de couple, ne s’apparente pas à un fleuve serpentant tranquillement au gré de signes de tendresse partagés. Des tourbillons, des rapides, des chutes modifient le cours de cette eau parfois imprévisible: ces flots bouillonnants et leurs effets constituent le lot quotidien des hôpitaux, policiers et autres psychologues ou responsables de foyers d’accueil. Lesquels ont pour mission de panser les plaies, de traiter les traumatismes et les peurs découlant de violences infligées, dans leur immense majorité, à des femmes. L’ampleur du phénomène a été précisément mise en lumière par, notamment, une étude de l’Ecole des sciences criminelles de l’Université de Lausanne, dont les conclusions ont été publiées à la fin de l’année dernière. Et attention, les vélos: la réalité des chiffres dépasse souvent tout ce que l’on pouvait imaginer!
Effarant!
En Suisse, plus d’une femme sur quatre est victime de violences sexuelles au cours de son existence, et plus d’une sur dix subit un viol ou une tentative de viol. Près d’une sur cinq est en outre l’objet d’agressions graves, du type étranglement ou brûlures répétées, provenant d’un partenaire actuel ou ancien. Une large frange de ces actes ne sont pas dénoncés en raison principalement de l’angoisse que d’éventuelles représailles font naître chez les victimes. Accessoirement, le coût social (soins, absentéisme, etc.) engendré par ces actes inqualifiables s’élève à plus de 400 millions de francs par an dans notre pays!...
En terre neuchâteloise, les violences conjugales obligent les forces de l’ordre à intervenir en moyenne plus d’une fois par jour.
Inadmissible!
Les nombreux drames et existences bousillées cachés derrière ces statistiques ont conduit nos autorités cantonales à adopter voici dix-huit mois une loi - une première au niveau national! - permettant de lutter avec plus d’efficacité contre ce fléau, lequel n’est plus désormais conscrit à la seule sphère privée. En clair, et c’est primordial, la police peut désormais intervenir sans que la victime ait porté plainte.
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Elle est en droit d’expulser sur-le-champ l’auteur, et un juge d’instruction peut ordonner son arrestation. Tout cela, sans que l’infraction ait réellement été commise: l’unique critère pris en compte est la dangerosité de l’individu pour l’intégrité physique et psychique d’autrui.
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Laurent Borel
(Photo: L. Borel)
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La violence conjugale, ce n’est pas juste quelques coups, de poing ou de gueule. C’est infiniment plus que cela: c’est en particulier un mécanisme psychique qui «autorise» ce genre de passages à l’acte et les pressions, le pouvoir qui en découlent. Une brochure, intitulée «Violence conjugale: que faire?», explique la réalité des rapports empreints de violence, et désigne les différents éléments auxquels il faut veiller, ou à propos desquels il importe de s’interroger, face à cette situation. Ce document, d’un apport subtil et précieux, est disponible à l’Office cantonal de la politique familiale et de l’égalité, Escaliers du Château 6, Neuchâtel, tél. 032 889 61 20.
Centres LAVI
- Av. L.-Robert 90, La Chaux-de-Fonds, tél. 032 919 66 52
- Rue J.-L. Pourtalès 1, Neuchâtel, tél. 032 889 66 49
Solidarité Femmes
Place du Marché 6, La Chaux-de-Fonds, tél. 032 968 60 10
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