La Vie Protestante neuchâteloise
n° 181 • février 2006
Indigne de la Suisse!
vitrine

Craignant une dérive de la manière de légiférer et un abandon de la tradition humanitaire suisse, le Conseil synodal (CS) de l’EREN soutient le référendum contre la loi sur l’asile.  

Le CS est conscient qu’une partie des requérants cherchent à s’installer en Suisse pour des raisons économiques et ne répondent pas à la définition du réfugié telle qu’on l’entend pour octroyer l’asile. Toutefois, il regrette que la seule réponse à ce problème soit une loi qui, de fait, compromet l’accès à l’asile de toute personne menacée dans son propre pays.

Faire de l’abus le centre de l’argumentation pour un durcissement de la loi est précisément abusif et dangereux! Car l’amalgame entre requérants d’asile et profiteurs est ainsi fortement suggéré. Certes, des abus existent, et il s’agit de les limiter. Mais le discours accompagnant le durcissement de la loi entretient un climat préjudiciable aux réfugiés et invite à jeter sur eux un regard d’emblée méfiant.

Le CS désire maintenir la visée d’une législation sur l’asile consistant avant tout à défendre les droits de la personne humaine. Le CS dénonce particulièrement trois aspects de la loi.
1. Il est prévu d’exclure les personnes qui ne peuvent pas produire des pièces d’identité; autant dire que cette disposition signe la fin de l’asile en Suisse, car, par définition, une personne persécutée dans son pays se voit fréquemment retirer ses papiers officiels!
2. Les requérants à qui l’asile est refusé sont exclus de l’aide sociale; ils sont à la rue, sans moyen de subsistance.
3. La suppression des permis humanitaires ne laisse plus aucune marge de manoeuvre pour traiter les cas particuliers; cette disposition rend la loi inhumaine.

Ces changements modifient profondément l’esprit de la loi sur l’asile. Le CS est certain que ce discours, et les conséquences législatives qui en découlent, compromet à terme la paix sociale en Suisse. Il exacerbe des sentiments discriminatoires auxquels personne ne peut prétendre un jour échapper, soit comme victime soit comme acteur.

Cette nouvelle loi est indigne de la Suisse et ne correspond ni à la générosité de ses habitants, ni à leur ouverture envers autrui.

Par fidélité au Christ, et soucieux de justice, le CS demande aux paroisses de soutenir activement la campagne menée par le Centre social protestant et l’Entraide protestante en faveur du référendum en mettant à disposition des paroissiens des feuilles de signatures.  

Isabelle Ott-Bächler
(Photo: L. Borel)

PS:

«Comme vous voulez que les autres agissent envers vous, agissez de même envers eux!» (Luc, 6,31): cette affirmation s’appelle «Règle d’or», et on la retrouve dans diverses grandes traditions religieuses. Si nous sommes invités à agir envers les autres comme nous voudrions qu’ils agissent envers nous, c’est que nous croyons en la parenté fondamentale qui prévaut entre les êtres humains. Ce que nous faisons à l’autre, c’est finalement à nous-mêmes que nous le faisons. Ce qui dégrade l’autre nous dégrade. Ce qui l’honore nous honore! (I. O.-B.)  

   
télécharger l'article (PDF, 118 Ko)
   
Archives • Page du CS
© La Vie Protestante neuchâteloise • 2004–2007