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Derrière un homme qui a réussi, il y a au moins trois femmes, dit-on: sa mère, sa femme et sa secrétaire... On pourrait dire qu’il y a aussi la religion! La religion est quelque chose d’ambivalent: elle est porteuse d’un message, mais témoigne aussi d’une culture et d’une vision du monde, reprenant les critères d’une civilisation. Elle peut transcender ce donné d’un message novateur, libérateur, mais elle peut aussi servir à justifier des régressions, des oppressions. C’est le cas de la foi judéo-chrétienne. A travers un vocabulaire, une idéologie patriarcale, elle arrive quand même à transmettre une vision libératrice pour le genre humain, homme et femme créés à l’image de Dieu et projetés dans un projet salutaire. Même à travers une lecture sexiste transpasse un dessein de communion, de collaboration et de solidarité de Dieu avec la femme et l’homme, et pour la Création entière.
| «Le mâle redomestique l’Ecriture à sa façon, défigure Dieu autant que l’humanité, et y perd son vis-à-vis» |
Malheureusement, la tentation de dominer ne cesse pas pour autant. Le mâle redomestique l’Ecriture à sa façon, défigure Dieu autant que l’humanité, et y perd son vis-à-vis. Mais Dieu recommence, comme les grand-mères de la Place de Mai, sans cesse, à se manifester pour la justice et le bonheur. Dans l’écrit, dans l’Histoire. Dieu cherche les femmes, partout: où est Sarah, mère des croyants? Dans la tente, derrière Abraham, à faire la cuisine! Cela continue dans l’histoire de l’Eglise: où est Marthe, disciple de Jésus, qui autant que Pierre a confessé le Christ, le Fils du Dieu vivant? Disparue dans la zone des services! Où est Marie- Madeleine? Toute cachée et honteuse, puisqu’on a réussi à faire de la femme choisie par Jésus pour être première témoin de sa résurrection, une pécheresse! Et pourtant elles étaient toutes porteuses de la grande promesse! Où sont les femmes cheffes de communauté du Nouveau Testament, prophétesses... Négligées ou omises!
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Et que peut-on encore désirer quand on lit certains Pères de l’Eglise, les Mères étant dans l’ombre évidemment... Juste pour le plaisir, deux citations: «Si la besogne ou l’ennui étaient les raisons qui justifiaient une présence humaine auprès d’Adam, l’aide assortie eût mieux fait d’être un homme. Une femme est trop molle pour les travaux des champs, et trop bête pour soutenir une conversation agréable. Elle n’est capable que de procréer.» C’est Saint Augustin qui s’exprime ainsi.
Avec Tertullien, c’est le sommet du sexisme: «Tu as profané l’arbre sacré, tu es le premier traître à la loi de Dieu, toi qui as amolli par tes discours celui dont le démon ne pouvait triompher par la force.»... «Eve, c’est toi. L’arrêt dont Dieu a frappé ton sexe pèse toujours sur le monde. Coupable, tu dois en accepter les rigueurs. Tu es la porte du Diable... L’image de Dieu, l’homme Adam, tu l’as massacré, comme en te riant. Tu méritais la mort, et il a fallu que meure le Fils de Dieu!» Que peut-on ajouter à cela? Des siècles de culpabilité pour les unes, de suffisance pour les autres, selon! Où est Camille Claudel? Derrière Rodin, bien sûr... A lui la gloire, à elle l’asile psychiatrique où la laissera mourir son très chrétien de frère.
Alors, pourquoi ce handicap des femmes? Pourquoi Marie, choisie par Dieu, mère de Jésus, est-elle utilisée, confisquée, déshumanisée, comme toutes les autres, comme tout le reste? Mais parce que cela arrange les humains qui sont assoiffés de pouvoir et pétris de peurs, la plupart du temps des hommes, avec quelques femmes qui les singent! Ainsi, ils continuent à garder toute la couverture, à gagner plus d’argent, à diriger le monde à sa perte, et avec bonne conscience en plus.
Mais des milliers d’autres hommes se sont levés avec les femmes de bonne volonté, pour dire non, et pour vouloir ensemble un autre pouvoir. Et écrire une autre Histoire! Une Histoire de confiance, de respect et d’espérance.
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