La Vie Protestante neuchâteloise
n° 189 • novembre 2006
Les films descendront du ciel
cinéma

Les grands films d’animations de Noël déboulent sur nos écrans ces prochains jours. A croire que le réchauffement de la planète leur a tourné un brin le photogramme! Mais ne boudons pas notre plaisir car, dans le lot, il y a au moins deux perles à découvrir séance tenante. Réalisé par Michel Ocelot, le créateur du très spirituel Kirikou, «Azur et Azmar» est un véritable enchantement respirant l’intelligence, ce qui ne gâche rien! Deux enfants sont élevés par la même nourrice. Ils n’ont pas la même couleur de peau.

««Azur et Azmar» est un véritable enchantement respirant l’intelligence, ce qui ne gâche rien!»

Séparés par les préjugés, ils se retrouvent à l’âge adulte, guidés par une volonté identique de réaliser leur rêve d’enfance... De toute évidence, Ocelot voue à la culture arabo-andalouse la plus vive admiration. Il en restitue à la fois les fastes esthétiques et son esprit de tolérance remarquable. Avec audace, il alterne dialogues français et arabes sans sous-titres et fait la preuve que la langue ne constitue pas forcément un obstacle dans la compréhension de l’autre.

Conte de fée un peu décalé, «U» de Grégoire Solotareff et Serge Elissade est une métaphore très poétique du passage à l’adolescence. Jeune rate à longues oreilles, Mona vit dans un grand château, entourée d’un tuteur pas très jouasse et d’une grand-mère un brin rugueuse.

Alors qu’elle se morfond dans sa détresse de gamine, une licorne blanche vient égayer son quotidien. Mais l’animal magique ne vivra que le temps qu’elle sorte de son enfance. Au final, Mona n’en fera pourtant pas un drame... Connu pour ses bandes dessinées, Solotareff ne prend pas les gosses pour des pantins asexués. Dès dix ans, on en fera son miel! Enfin, distribué par la firme de feu l’Oncle Walt, «Les rebelles de la forêt» témoigne de la maîtrise américaine en matière d’animation numérique, avec une petite pointe d’écologie très tendance dans sa description du retour à la nature d’un ours apprivoisé. C’est rigolo, mais un peu trop formaté pour atteindre à une véritable émotion.

Vincent Adatte

Noël en automne

En un temps, qui n’est pas si reculé, nous attendions tous et toutes le «film de Noël» avec une impatience mêlée de dévotion. A la mi-décembre, miracle, Walt Disney nous gratifiait de son traditionnel dessin animé! Gosses, nous faisions alors un lien pas très catholique entre la naissance du petit Jésus et l’apparition sur le grand écran de Mary Poppins, Mowgli et les Aristochats. Aujourd’hui, la donne a complètement changé. Les enfants sont devenus une part de marché loin d’être négligeable. Partant, les films d’animation destinés au jeune public se multiplient comme des petits pains. En concurrence, leurs distributeurs avancent de façon radicale les dates de sorties. Voilà qui explique pourquoi «Les Rebelles de la forêt» se sont mutinés dès le 18 octobre. Le merveilleux «Azur et Azmar» déploie ses sortilèges depuis le 25 octobre. Le délicieux et très atypique «U» commence sa carrière début novembre. Il n’y a guère que «Piccolo, Saxo et Cie» qui ne respecte la tradition. L’adaptation du conte musical d’André Popp ne sortira en effet que le 20 décembre! (V. A.)  

   
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