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Nous existons, bel et bien de par le monde, des centaines de millions, dans tous les pays, nous, les protestants!
Bel et bien, pas toujours. Parfois, assez mal. Et nous ne sommes pas toujours fiers d’être protestants, du côté de l’Irlande ou des Etats-Unis... N’empêche que le protestantisme, avec ses précurseurs, a marqué l’histoire depuis plus de cinq siècles, et que sans lui nous en serions peut-être encore au Moyen Age dans certains domaines. N’empêche que nombre de réalisations sont dues au protestantisme, nombre d’acquis, nombre d’engagements.
| «Trop souvent aujourd’hui, le protestant, c’est invisible, mou, pas bien décidé, individualiste en diable» |
Malheureusement, trop souvent aujourd’hui, le protestant, c’est invisible, c’est mou, c’est pas bien décidé, c’est individualiste en diable. Ce qu’il faudrait, c’est que les protestants redeviennent décidément protestants. Qu’ils retournent aux causes et aux sources de la Réforme, et qu’ils en reprennent l’enthousiame et l’engagement, la confiance en Dieu et en sa seule grâce, la présence au monde et la foi.
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Et puis, les protestants, malheureusement, ça ne se voit pas! La radio et la télévision semblent avoir un filtre qui rend invisibles les chrétiens non-catholiques, quoi qu’ils fassent d’intéressant, de fondamental ou simplement de vivant. Bien sûr, les protestants n’ont pas les équivalents hiérarchiques des porte-parole catholiques, et ils croient en outre que la modestie et la discrétion sont plus importantes que la médiatisation. Il existe dès lors comme une sorte de complexe... protestant!
Je crois qu’il devient indispensable pour l’œcuménisme, pour la société multiculturelle et plurireligieuse dans laquelle nous vivons, que les protestants redeviennent vraiment protestants. Qu’ils rappellent qu’ils sont, eux, des chrétiens-protestants. Qu’ils protestent pour le pluralisme et la diversité respectueuse. Qu’ils témoignent de leur foi dans le monde présent et par rapport aux grands enjeux actuels. Qu’ils attestent avec fierté, générosité et ouverture de leur identité choisie et voulue. Ils le doivent en particulier à leurs congénères catholiques qui ont le droit d’avoir en face d’eux des chrétiens différents, partenaires et critiques.
Aucune raison, par ailleurs, qu’apprenant de cette Eglise sœur, les protestants ne cherchent une unité, une cohérence, une conciliarité.
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