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De récentes prises de position de l’Eglise Réformée Evangélique du Canton de Neuchâtel ont soulevé quelques voix critiques. Précisions au sujet du rapport Eglise-politique.
L’EREN est actrice de la société. A ce titre, elle s’intéresse à la politique comme tout citoyen ou groupe de citoyens. Les politiques devraient se réjouir de ce qu’elle contribue à élargir le débat. D’autant que dans l’histoire, ce ne sont pas les prises de position de l’Eglise qui ont causé des confusions. Au contraire, on lui a même reproché de n’avoir pas toujours eu le courage de dire clairement sa position. La confusion des rôles commence lorsque l’Eglise tente d’exercer une autorité politique. En tout état de cause, l’Eglise participe au débat citoyen; les politiques, eux, gouvernent.
Une tendance de «gauche»?
L’Eglise n’a que faire de l’échiquier politique. Elle ne peut pas adhérer à la vision, parfois exacerbée par certains politiques, selon laquelle tout objet relèverait d’une «gauche» ou d’une «droite». L’Eglise défend une vision de la société plus nuancée et plus libre, où la justice et la protection des plus faibles n’appartiennent pas à une couleur politique.
Cela dit, l’EREN ne peut pas non plus fermer les yeux sur le fait que, dans un certain nombre de sujets récents, ses prises de position ont plutôt convenu à des partis dits «de gauche».
Préoccupations sans programme
Aussi vieille qu’est l’Eglise, elle s’est toujours intéressée au sort des humains, avec plus ou moins de succès et, plus grave, avec plus ou moins de fidélité.
L’attitude d’aujourd’hui n’est donc pas nouvelle.
L’EREN n’a pas un programme politique. Elle s’intéresse en priorité à des champs de thèmes où elle peut défendre des valeurs liées à la justice, au respect des humains et en particulier des plus fragiles. Il s’avère qu’au cours de l’histoire, ces thèmes se déplacent sur l’échiquier politique.
A titre d’exemple, le thème de la famille, cher à l’Eglise, était, dans les années d’après-guerre, évoqué dans le cadre de la recherche de valeurs traditionnelles, défendues plutôt par des partis de «droite».
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Aujourd’hui, lorsque le thème de la famille est évoqué sur la place publique, ce n’est plus tant autour de la question des valeurs, mais de celle des droits sociaux. Le thème de la famille, toujours cher à l’Eglise, s’est déplacé sur l’échiquier politique, indépendamment d’un choix d’Eglise.
Une Eglise engagée
L’évolution des rapports entre l’Eglise et la politique ne dépend pas tant d’une orientation de l’Eglise que des lieux politiques où les thèmes qui lui sont chers sont discutés. Cette évolution n’est pas le signe d’une coloration politique de l’Eglise, mais celui de sa détermination à défendre la justice et le respect des humains tels que l’Eglise les comprend dans l’Evangile. Cela, elle le fera, quelle que soit le positionnement du débat sur l’échiquier politique.
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Gabriel Bader
(Photo: P. Bohrer)
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