La Vie Protestante neuchâteloise
n° 191 • février 2007
Théologie et pastorat: une image à corriger
page du CS

Les facultés de théologies et les Eglises réformées de Suisse romande font le même constat: le nombre de jeunes commençant un cycle d’études universitaires en théologie a considérablement baissé, et plus encore le nombre de ceux qui, au terme de leurs études, envisagent de se former au ministère pastoral.

Si les raisons sont variées – perte de notoriété du pastorat, difficultés d’exercice d’un métier éprouvant, manque de perspectives professionnelles, image floue du ministère pastoral, peur de s’engager pour la vie –, l’on constate aussi que les idées courantes sur le pastorat tiennent davantage du fantasme que de l’expérience et qu’elles ne disent pas la richesse de pouvoir lier, dans une pratique professionnelle, des aptitudes intellectuelles, spirituelles et relationnelles.

«Les idées courantes sur le pastorat tiennent souvent du fantasme»

Pour améliorer la réalité du pastorat et son image, l’EREN travaille depuis quelques années non seulement sur les conditions d’exercice des ministres et les tâches spécifiques à chaque ministère, mais elle mène aussi une réflexion sur la façon de stimuler les vocations et le sens de la consécration. Il n’en reste pas moins que l’EREN ressentira douloureusement la pénurie pastorale. La recherche d’un pasteur risque, à l’avenir, de s’apparenter à une vraie chasse au trésor!

…Une envie à susciter
Sous l’impulsion du Conseil synodal de l’EREN, la Fédération des facultés de théologie et les Eglises romandes ont décidé d’unir leurs forces pour lancer une campagne de communication visant à améliorer la visibilité des études de théologie et du pastorat. Cette campagne est une adaptation romande d’un effort aux lignes dynamiques et modernes entrepris par les Eglises de Suisse alémanique. Ainsi, dès le mois de février, les lycéens, étudiants et autres personnes intéressées pourront se relier à un site (www.etudierlatheologie.ch) qui dispensera toutes les informations souhaitables sur les études de théologie, les débouchés professionnels et en particulier le pastorat.


La campagne vise à rendre les études de théologie plus familières et attractives, par leur intérêt intellectuel, intéressantes comme préparation à une profession dans la société civile ou dans l’Eglise et à mettre en évidence la large palette des compétences qui s’y acquièrent. Première mise en œuvre de cette campagne: un prix récompensera, dans chaque canton romand, le meilleur travail de maturité traitant d’une thématique théologique, éthique ou religieuse.

Stages pastoraux exploratoires
La campagne doit aussi valoriser le pastorat auprès des étudiants. Dans ce but, de courts stages d’exploration d’une semaine, sous la conduite d’un pasteur généraliste, seront organisés à l’intention non seulement des lycéens et des étudiants, mais aussi de personnes actives qui envisageraient un changement professionnel. Des maîtres de stage sont actuellement sollicités pour organiser cette offre.

La campagne met aussi en œuvre la composante relationnelle et affective du travail en Eglise, en faisant appel aux témoignages d’étudiants, de théologiens ou de pasteurs qui expriment ce qui fait le cœur de leur vie et de leur motivation, personnelle ou professionnelle.
Une telle campagne doit aider à transformer le regard des lycéens, des étudiants, de leur entourage, et finalement aussi des membres de l’Eglise qui pourraient se sentir interpellés par l’image que l’Eglise reflète du ministère pastoral.

Monique Vust - Dép. de l’Intérieur
(Photo: P. Bohrer)

   
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