La Vie Protestante neuchâteloise
n° 191 • février 2007
Diaconalement vôtre (1)
social

En 2007, la VP propose un tour d’horizon des actions de diaconie de proximité au sein de l’EREN. Des approches qui visent toutes à rassembler les forces plutôt qu’à les diriger. Première étape.

Une pionnière au Joran

Les paroisses de l’ouest neuchâtelois, de Boudry à La Béroche, furent les premières à créer un poste de diaconie de proximité. C’est la diacre Martine Robert qui, sans disposer de modèle préexistant, a relevé ce défi. Après une étape de recensement des acquis et des besoins, elle a notamment contribué à créer des liens entre la paroisse et la population au travers d’une présence pleinement intégrée à la braderie de La Béroche, un événement local incontournable de la vie villageoise.

Le groupe «Parent seul avec enfants» est né du constat des besoins fondamentalement nouveaux des parents élevant seul leur-s enfant-s. Ce groupe propose une rencontre mensuelle durant laquelle les enfants sont pris en charge. Des invités, à même de rencontrer les besoins spécifiques des participant-e-s, y interviennent.
Une autre attente fut celle de «simplement chanter» manifestée par plusieurs personnes de la région. Même si cela ne ressemble pas à de l’entraide «pure et dure», la présence de ce groupe apporte une réelle joie de chanter à ses participant-e-s.

«Un projet est prêt à démarrer quand les yeux se mettent à briller et que les gens s’exclament: Oui, c’est cela qu’il nous faut!»

Martine Robert



La Chaux-de-Fonds: une présence en marge

Le diacre Sébastien Berney en collaboration avec son homologue catholique, le prêtre Don Marco, sont les témoins discrets d’une Eglise qui se tient près des gens au seuil de la société. C’est justement au lieu-dit «Le seuil» – émanant du Centre de prévention et de traitement de la toxicomanie – que ce diacre prend part à la soupe de midi ou au repas du mardi soir. Il est également présent au Café du Marché. Son rôle consiste «juste» à être là, disponible pour jouer aux cartes ou simplement pour écouter. Si le contact débouche parfois sur un moment plus personnel, le plus souvent c’est par un regard ou une parole de réconfort que se dit l’essentiel.

«Chaque rencontre est précieuse, qui sait si je reverrai demain la personne avec laquelle je viens juste d’échanger un sourire?»

Sébastien Berney

Neuchâtel/canton: redire nos racines

Pour Elisabeth Reichen, animatrice au plan cantonal et diacre de proximité à la paroisse de Neuchâtel, il s’agit de rappeler nos origines judéo-chrétiennes comme une part essentielle de notre identité. C’est donc tout naturellement au travers d’événements culturels – conférences, expositions, concerts – qu’elle rejoint les gens. En 2005, l’exposition sur la mort, vue par les différentes cultures et religions, soulevait de cruciales questions existentielles tout en permettant de se situer face à des visions religieuses variées. La mixité culturelle a elle aussi été abordée en 2006, dans le cadre de Neuchâtoi, avec l’exposition «Traces d’ici et de là».

Avec cette approche, Elisabeth Reichen intègre mission «au loin» et mission «au près» comme les deux temps d’une respiration. Pour comprendre ceux qui vivent au loin, il importe de rencontrer les étrangers vivant ici. Il en ressort une compréhension et une compassion nouvelles à l’égard de notre prochain, quel qu’il soit.

«En 2007, je rêve à la multiplication d’églises et de lieux ouverts avec une présence ministérielle sur place. Des visites pastorales… mais à l’envers!»

Elisabeth Reichen



La Côte tisse des liens

A la paroisse de La Côte, c’est Anne-Lise Steiner, une laïque, qui coordonne le «filet» des actions de proximité. Deux personnes visitent les habitants de Peseux, Corcelles et Cormondrèche hospitalisés à Neuchâtel, trois visiteurs se rendent dans les homes et trois autres rencontrent à domicile celles et ceux qui se sentent seul-e-s.

Les jubilaires de 80, 85 et 90 ans, ainsi que les couples fêtant leurs noces d’or, sont systématiquement visités.

La paroisse, en lien avec l’Association neuchâteloise des services bénévoles, propose des chauffeurs bénévoles aux personnes sans voiture ou ne pouvant conduire pour raison de santé.

«A l’avenir, nous aurons besoin de plus de personnes disponibles pour visiter les gens à domicile et partager un moment d’amitié…»

Anne-Lise Steiner

Le club de midi: un rendez-vous qu'on ne manque sous aucun prétexte.

La VP (pah)
(Photos: 1, P. Bohrer; 2, sp; 3, pah)

   
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