La Vie Protestante neuchâteloise
n° 192 • mars 2007
La place de l'Eglise
page du CS

L’Eglise, les Eglises ont-elles perdu leur place au soleil? Les difficultés financières, les crises de vocations, l’indifférence d’une partie de la société obligent l’EREN à s’interroger sur le rôle qu’elle entend jouer à l’avenir.

En dépit d’un attachement des protestants à l’Eglise réformée très perceptible dans les sondages, il convient d’admettre que d’aucuns ne voient plus la valeur ajoutée qu’apporte leur participation à la vie de l’Eglise. «Ah, c’est intéressant!» se contentent de répondre ceux à qui nous confions notre attachement. Que faire dans une telle situation, lorsque, en conséquence, les moyens sont devenus limités pour assurer les tâches traditionnelles et imaginer des réponses à donner aux nouveaux problèmes?

«L’Eglise nourrit ceux qui se savent en attente et travaille avec ceux qui se pensent en route»


Un homme, une foule
Un jour, Jésus enseigne la foule. Le soir tombe et les disciples lui demandent de renvoyer ses auditeurs, par souci de les laisser aller s’alimenter. Jésus propose aux disciples de les nourrir. Ils se montrent pour le moins réservés par cette incroyable idée: «On n’a pas les moyens, on n’est plus riche au point de pouvoir servir tout le monde. Le montant de notre budget annuel serait nécessaire pour un tel projet!»
Jésus insiste: «Qu’avez-vous à disposition?» Les disciples trouvent cinq pains et deux poissons; ridicule pour l’objectif visé. Qu’à cela ne tienne, Jésus les invite à distribuer ce dont ils disposent. Vous connaissez l’histoire: douze corbeilles de pains restent à la fin de l’exercice.
J’en garde cette image forte: les disciples qui procèdent à l’inventaire du disponible; qui mesurent les moyens immédiats; qui les mettent, en dépit de leur modestie, à la disposition de Jésus, sans même imaginer ce qui va en advenir.

Quoi de plus naturel, pour dire son attachement à l’Eglise, que de le signifier par une croix?

Transcender le manque
Les moyens de notre Eglise sont limités. Il manque de l’argent et donc des forces vives sur le terrain. Les attentes, les faims, elles, restent.

Comment réagir?
Vous recevrez bientôt un bulletin de versement pour la contribution ecclésiastique parce que, comme membre de l’Eglise, vous aurez coché la case «protestant» dans votre déclaration d’impôt. Justement, la déclaration d’impôt est un inventaire du disponible… en vue d’un acte de solidarité. L’EREN a besoin de votre contribution, de votre disponible, non pas pour maintenir ses habitudes, pour continuer comme toujours. Non, l’EREN travaille à adapter sa mission aux exigences nouvelles. Car l’Eglise continue d’avoir et de nourrir des idées pour atteindre ceux qui se savent en attente et travailler avec ceux qui se pensent en route. J’en fais partie. De ceux qui attendent. De ceux qui sont en route. Et avec l’Eglise, je rencontre les autres qui parlent aussi de leurs faims, faim de vie spirituelle, faim de sens profond, faim d’être reconnus.
C’est le moment du geste. Donner ce disponible, sans savoir à l’avance comment le miracle de la présence de Jésus s’accomplira encore pour le plus grand nombre. C’est dans cette foi que l’EREN travaille. Et vous?

Georg Schubert, conseiller synodal
(Photo: P. Bohrer)

   
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