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L’Eglise serait en décalage…? C’est ce que le Conseil synodal a annoncé lors des soirées d’information liées à un projet pour l’Eglise des années à venir.
En décalage. «Tant mieux», répond l’un des participants, qui fait remarquer à juste titre que c’est justement sa mission: l’Evangile nous appelle à être «autres», hors du moule, inventifs, novateurs, poètes, fous…!
A voir la capacité de l’Eglise à imaginer des nouveaux projets, encore ces derniers mois, alors que beaucoup évoquent les difficultés de l’Eglise, les problèmes financiers, la désaffectation des bancs d’Eglise. Çà et là, forts de cet Evangile décapant, en dépit ou même avec les découragements perceptibles, des hommes et des femmes, bénévoles ou professionnels, continuent à œuvrer pour que l’Eglise soit toujours en décalage, «à côté», là où d’autres n’iraient pas, attentive aux besoins. En ce sens, l’Eglise réformée a une sacrée santé. Une santé qui se perçoit encore dans sa façon d’appréhender la crise: «Il y a un vrai témoignage chrétien dans la gestion de cette crise» reconnaissait récemment un membre de l’Eglise.
C’est ce décalage évangélique qui m’étonne. Et surtout qui me donne l’envie d’avoir des… visions prospectives.
Un décalage subi, ou assumé?
Mais le décalage de l’Eglise tourne parfois au retard… L’EREN n’a pas toujours su lire les informations sur l’évolution de la société, les mouvements démographiques, l’ampleur de la sécularisation.
Et aujourd’hui, elle se trouve en retard. Le retard ouvre à des stress, des problèmes d’organisation, des difficultés financières.
«Visions prospectives» vise à corriger ce décalage-retard. Il ne s’agit pas d’un paquet contenant une nouvelle Eglise, mais d’idées qui doivent contribuer à poursuivre des efforts déjà entrepris et à imaginer quelques pistes nouvelles.
Il comprend trois volets:
- un travail pour retrouver une situation financière stable;
- une partie qui vise à apporter des améliorations dans l’organisation;
- et surtout, le plus important, des réflexions qui portent sur la place de l’Eglise dans la société.
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Face à nos impossibilités, de nouvelles voies s'esquissent: à nous de nous y engager.
L’Eglise devra, à l’avenir, non seulement se mettre au service elle continue à le faire mais aussi chercher plus d’adhésion de la part de ses membres: elle doit compter sur eux, sur leur intérêt, sur leur engagement, sur leur participation, y compris financière. Pour continuer d’ouvrir des yeux attentifs aux besoins, aux attentes sociales et spirituelles, l’Eglise doit pouvoir travailler avec l’ensemble de ses membres. Ce n’est pas possible autrement. Plus possible. La solidarité de quelques-uns ne suffit pas pour aller à la rencontre de tous, pour accompagner de façon personnalisée des familles en deuil, des personnes en difficulté morale ou spirituelle, des hommes et des femmes en crise ou en proie à de graves fragilités mais aussi des couples qui forment des projets de mariage ou qui accueillent un enfant, des jeunes qui se forment à l’Evangile et à sa transmission, des adultes qui se rencontrent pour partager des questions de vie.
Les protestants du canton, membres de l’Eglise réformée évangélique neuchâteloise, doivent donc dès aujourd’hui s’interroger: prendront-ils le train des idées qui continueront à préserver à l’Eglise sa capacité de… décalage?
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Gabriel Bader,
Président du Conseil synodal
(Photo: P. Bohrer)
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