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«Les Israélites me confectionneront une tente sacrée pour que je puisse habiter au milieu d’eux. […] Je suis le Seigneur leur Dieu.»
Exode 25:8 et 29:46
Depuis les temps immémoriaux où Dieu s’adressait ainsi à Moïse jusqu’à nos jours, le faire habiter au milieu des siens a toujours représenté un défi… incroyable! A l’heure où l’EREN s’interroge sur son avenir, particulièrement aride à bien des égards, l’image de cette tente plantée en plein désert m’habite plus que jamais.
Il y a là toute une symbolique de la nécessaire présence de l’Eglise dans le monde, en paroles comme en actes.
En amont de tout acte posé au nom du Christ, il y a une parole. Déposée. Reçue. Nourrie. Vécue.
Avant que la tente de la rencontre ne soit construite, il y a eu une demande expresse et même, si l’on en croit ces passages de l’Exode, toute une série de directives très précises! de Celui qui nous précède en toute chose. Ensuite seulement, les ouvriers désignés pour cela se mettent au travail. Aujourd’hui encore, à la source de tout engagement ou réalisation en Eglise il y a rencontre intime. Avec la Parole de Dieu devenue personnelle et bien réelle, presque palpable, pour les uns. Avec une parole humaine, si juste et si vraie qu’elle ne peut que mettre en mouvement, pour les autres. Souvent, dans mon expérience, avec les deux. Et quand l’une féconde l’autre, elles se muent en gestes de solidarité concrète dans l’ordinaire de l’existence humaine et alimentent ainsi l’action sociale de l’EREN, aussi appelée diaconie.
A lire les résultats du sondage récemment mené auprès des réformés neuchâtelois, nos contemporains ne s’y trompent d’ailleurs pas. L’aide sociale et le soutien moral dans les moments difficiles de la vie sont effectivement ce qui est attendu en premier de l’Eglise. Parmi les activités concrètes considérées comme prioritaires, les visites dans les hôpitaux et les prisons, l’engagement pour la paix et l’accompagnement spirituel figurent en bonne place.
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Parallèlement, un groupe de travail interne réunissant des représentants des différents acteurs de la diaconie dans l’EREN, notamment le Centre social protestant et les paroisses, a rendu son rapport final. Chargé de situer les principaux besoins dans les cinq ans à venir et de proposer des pistes pour y répondre adéquatement, ce groupe parvient à un constat semblable. Soulignant le grand besoin d’écoute des gens isolés ou en difficulté, il insiste sur la nécessité de cultiver les réseaux d’entraide et de proximité paroissiaux existants et d’en créer de nouveaux. En juin, le législatif (Synode) décidera donc des grandes lignes de l’engagement de l’EREN dans ce domaine.
Tous ensemble, individuellement et collectivement, nous sommes appelés à relever les pans extérieurs de nos tentes de rencontre. Afin qu’en toute simplicité, elles deviennent plus accessibles aux humains en recherche de divin. Et pleinement habitées par Dieu en recherche des siens.
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Jacqueline Lavoyer-Bünzli
(Photo: P. Bohrer)
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P.S. Détail piquant: la première chose que Dieu demande à Moïse, pour construire ce sanctuaire mobile, c’est de recueillir une contribution auprès de «tous ceux qui l’offriront de bon cœur» (Exode 25:2-7); après quoi (Exode 30:11-16), il instaure un impôt pour l’entretien de la tente de la rencontre.
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