La Vie Protestante neuchâteloise
n° 195 • juillet 2007
Unis contre la maldonne
social

Les 40 collaborateurs du CSP ont accueilli, le 1er avril dernier, leur nouveau directeur en la personne de Pierre Borer. Cet habitué du paysage social neuchâtelois a répondu aux questions de la VP.

Qu’est-ce qui a retenu votre attention dans la vision du CSP?
Son approche humaniste, une offre de prestations très complète grâce à ses services de consultation juridique, conjugale et ses secteurs «social polyvalent», «réfugiés et requérants d’asile» et «réinsertion sociale», sans oublier le réseau de boutiques seconde main et le ramassage d’objets. A noter que j’ai déjà eu le privilège d’expérimenter cette dynamique, il y a six ans, comme assistant social au CSP.

Le CSP est un organe de l’Eglise réformée neuchâteloise. Cela joue-t-il un rôle?
Le fait que le CSP soit une émanation de l’EREN rejaillit immanquablement sur son image. Sur le plan interne, je dirais que les collaborateurs du CSP ont en commun une certaine détermination à «prendre la défense» de ceux qui souffrent. Côté EREN, le professionnalisme et la notoriété de cet acteur diaconal transmettent sans doute une image positive de son institution-mère.

Quelles sont les forces du CSP neuchâtelois?
La force d’un tel service réside dans la complémentarité avec les autres acteurs sociaux, privés ou publics. Pour l’Etat ou une commune, les partenaires privés jouent un rôle important sur le plan de la prévention. Dans certaines situations, leur action en amont permet de trouver des solutions avant de recourir aux services sociaux. C’est le cas notamment du désendettement chez les jeunes. A ce sujet, l’Etat de Berne a évalué que chaque franc investi en prévention occasionne deux francs d’économie à l’aide sociale. Comme organisme privé, notre rôle est de tirer les sonnettes d’alarme auprès de l’Etat, lorsque de nouvelles problématiques se font jour. Depuis mon arrivée, je constate que l’expérience et le dynamisme de l’équipe du CSP constituent un atout dans notre action. Mais ça, je le savais déjà!

«Le CSP: complémentaire des autres acteurs sociaux»

En quoi le CSP se montre-t-il pionnier actuellement?
Depuis quelque temps déjà, nous explorons le concept de «groupes d’intervention collective». Ils se nomment Trampolino, dans le bas du canton, et Trampolin’haut dans les Montagnes neuchâteloises. Des usagers de nos services se réunissent autour d’une problématique qu’ils ont rencontrée. C’est ainsi que des séances collectives de remplissage des déclarations fiscales ont vu le jour. Il s’agit toujours de stimuler une aide mutuelle à l’interne du groupe. Les protagonistes peuvent parfois être amenés à rencontrer un responsable politique pour partager leurs préoccupations et le fruit de leurs réflexions. Le CSP a également pris part au lancement de l’action «Les ficelles du budget», visant à sensibiliser les jeunes à la problématique de l’argent et de la gestion. En se rendant dans les écoles, cette démarche préventive incite les jeunes à mieux appréhender le «tout, tout de suite» que nous propose notre société.
Ces exemples démontrent l’importance qu’une action coordonnée passe immanquablement par le dialogue et la concertation. Deux valeurs auxquelles je m’efforce de laisser une large place.


Propos recueillis par P.-A. Heubi
(Photo: S. Iori)

   
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