La Vie Protestante neuchâteloise
n° 197 • octobre 2007
Les rites reviennent...
dossier

Avec la désertion des pratiques traditionnelles religieuses ou sociales, on aurait pu croire il y a quelques années à une disparition prochaine des rites. Or, il n’en est rien.
Il semble que l’être humain a besoin de rites qui structurent sa vie, favorisent la cohésion de sa communauté, le placent dans une lignée et le relient au divin par tous ses sens. Nombre de travaux d’anthropologues, de sociologues et de psychologues vont dans ce sens. Et la réalité l’atteste: si les rites religieux traditionnels ne sont plus systématiquement demandés, bien qu’ils soient souvent le dernier lien que notre population garde avec les Eglises officielles, d’autres sortes de rites émergent. Pensons à l’engouement pour les rituels entourant les grands matches sportifs; au succès de la culture celtique auprès d’une frange de la jeune génération; au foisonnement des nouveaux rituels de tous genres, construits au gré des demandeurs.
Alors que nombre de jeunes ne passent plus par la fête de confirmation, certaines écoles ont souhaité marquer à nouveau solennellement la fin de la scolarité obligatoire: bals organisés, retour des fêtes de promotions abandonnées dans les années 80 par exemple. Non, les humains que nous sommes ne se passeront pas si aisément de rites! Mais pourrons-nous faire l’économie des héritages qui nous ont construits? En exclure toute dimension religieuse? Là est toute la question, à laquelle nos sociétés devront répondre…
Avec la perte des repères religieux, l’humain transfère son besoin de rituels sur les étapes de la vie sociale.
L’Eglise est appelée à réactualiser les rites, sans oublier d’en fournir le «mode d’emploi».

Dossier réalisé par le Centre Théologie, Education et Formation de l’EREN
(Photo: P.Bohrer)


Ça hérisse le poil des protestants…

  • La pensée magique: Le bon geste par la bonne personne au bon moment. Non! L’élan de confiance vers Dieu prime.
  • La pensée automatique: Tel geste ou telle parole déclenche tel effet. Le protestant se refuse à «ligoter» Dieu et son action.
  • L’obscurantisme: S’il y a certes du mystère entre Dieu et nous, cela ne doit pas nous empêcher de chercher à comprendre.
  • La question du pouvoir: Au cœur de toute pratique rituelle, un pouvoir est en jeu: le «pourvoyeur» du rite peut être tenté de manipuler le «demandeur».
   
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