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Luther vise une réformation des rites et non leur disparition: «Il faudrait introduire un tout autre genre de cérémonie, ou plutôt les restaurer dans leur teneur première», écrit-il dans «De la captivité de l’Eglise».
Zwingli propose de mettre l’accent sur le festif et le communautaire lors de la cène, car c’est un joyeux repas pascal; pour lui, il est prioritaire de communier à Pâques plutôt qu’à Vendredi-Saint. La cène se doit d’être célébrée joyeusement et pas trop cérébralement: dans ce but, Zwingli propose des chants liturgiques antiphonés par les hommes et les femmes pour concrétiser que l’Eglise est un corps formé de personnes différenciées et pourtant réunies dans la louange; que l’assemblée s’agenouille pendant le Notre Père; que deux diacres entourent le pasteur; qu’on rappelle le récit du lavement des pieds; que l’on appelle l’Esprit sur la communauté. Ces propositions ont été refusées.
Calvin veut rétablir plusieurs gestes significatifs dans les liturgies comme le geste de l’absolution en début de la cène et l’imposition des mains lors de la consécration des pasteurs.
Les trois s’entendent pour remettre à l’honneur une communion fréquente, et sous les deux espèces, c’est-à-dire avec le pain et le vin.
Les idées des réformateurs ne nous sont pas parvenues dans toute leur richesse: si l’on a bien compris l’importance de la foi qui doit habiter le rite pour lui donner un sens, le rôle central de la
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promesse de Dieu et l’importance de la communauté, certaines de leurs intuitions se sont perdues en route, notamment la prise en compte de la personne humaine et de ses besoins.
Les réformateurs ont été censurés sur la question des gestes symboliques. Luther, Zwingli, Calvin ont émis des idées gestuelles ou liturgiques qui n’ont pas été adoptées. Ils n’ont pas pu créer cette ritualité renouvelée et imprégnée de la foi libre et réconciliée qu’ils avaient souhaitée… Cette voie s’ouvre devant les protestants d’aujourd’hui!
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Daphné Reymond (Photo: P.Bohrer)
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