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Le dédale nous vient du fond des âges, de l’Inde sans doute. En Europe, les labyrinthes sont apparus il y a 5000 ans. Gravés, peints, à ciel ouvert ou dans les lieux de culte, où ils ont fait récemment leur retour, ils illustrent la quête de l’humain vers un sens qui le dépasse.
Le labyrinthe peut être jardin, fait d’arbustes soigneusement taillés: «Irrgarten» en allemand, c’est-à-dire «jardin où l’on s’égare» et où l’on se retrouve. En Irlande, on lui attribuait une fonction magique en faveur des mineurs, ces hommes livrés à l’angoisse d’un chemin perdu ou obstrué par un éboulement, travailleurs du monde souterrain où il faut garder calme et patience pour retrouver le jour, enfin.
Certaines thérapies modernes mettent le labyrinthe à contribution. Son parcours indique au patient que là où il se situe le plus à l’écart, le plus à l’extérieur du monde actif, le plus éloigné mentalement ou physiquement de ses contemporains, c’est là justement qu’il va trouver le passage vers le centre, vers l’équilibre. On parle ici de thérapies d’acceptation, d’intégration des zones sombres de la vie; une manière de dire au malade: «Tu trouveras le centre».
Ce qui signifie qu’il existe «un centre», un lieu de lumière et de paix, et qu’il existe un chemin qui permet de l’atteindre. Mais ce chemin est complexe; il lui faut de la patience et de la méditation, en un mot: de la sagesse. Le labyrinthe, c’est le parcours du novice, de tout être humain à l’aube d’une expérience nouvelle. Son enseignement met en évidence une vérité qui implique une sorte de conversion, un changement de perspective: il faut apprendre que rares sont les solutions simples aux problèmes et questions de l’être et des relations humaines. Illusion que de vouloir aller directement au but, car la vie est faite de détours et ne connaît pas de chemins rectilignes. Mille situations nous imposent des choix et des décisions c’est l’honneur et la particularité de notre espèce! Mais nous ne sommes jamais absolument sûrs que c’est LE bon choix et LA bonne décision. Ce qui est sûr, c’est qu’il existe un centre; un but en forme de fleur à six pétales allusion faite aux jours de la Création, avant le repos , comme dans le labyrinthe de la cathédrale de Chartres.
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Là, nous pénétrons dans le monde de la foi chrétienne. Réinterprétant le mythe crétois du Dédale qui voit dans le héros Thésée une figure du Christ. En effet, comme Thésée doit venir de l’extérieur vaincre le Minotaure, monstre caché né d’une union contre nature, ainsi le Christ doit venir d’En haut vaincre le péché, qui obscurcit l’alliance de Dieu avec son peuple. L’antique labyrinthe devient ainsi chemin spirituel avec le Christ Sauveur. Le Seigneur est au centre désormais, vainqueur, ressuscité. Il nous y attend, au couronnement d’un chemin de repentance et de dépouillement du «vieil homme».
«Le symbole donne à penser», affirme le philosophe. Au chrétien, le symbole du labyrinthe rappelle que Quelqu’un habite et garde sa vie aux chemins complexes. Une voix lui dit: «Tu n’es pas seul!».
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Robert Tolck, pasteur
(Photo: P.Bohrer)
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